Une étude récente réalisée par ISAAC ( The International Study of Asthma and Allergies in Childhood) sur 500 000 enfants (6-7 ans) et adolescents (13-14 ans) partout dans le monde met en évidence le fait que la consommation de certains aliments conduit au développement de maladies telles que l’asthme, le rhume des foins et l'eczema.
Voici le lien vers l’étude :
http://thorax.bmj.com/content/early/2013/01/03/thoraxjnl-2012-202285
Le risque de présenter des graves symptômes de l’athme augmentent par exmple de 39% chez les adolescents se nourissant régulièrement en restauration rapide. Les acides gras trans particulièrement présent dans la nourriture de ces chaines de restauration rapide et la margarine sont à l’origine de ces maux. La consommation de fruits contrebalance les effets néfastes des acides. Les effets positifs signifiants de la consommation d’au moins trois fruits par jour ont ainsi pu être constaté chez les enfants.
Avez-vous constaté une augmentation significative du nombre de maladies allergiques ? Quels conseils donnez-vous aux parents pour les aider à nourrir leur progéniture de manière équilibrée ?
Chers confrères,
cela fait quelques temps que je soigne un patient de 28 ans qui souffre d’asthme allergique important. Il a de nombreuses allergies alimentaires mais aussi des allergies aux acariens, à la moisissure et à presque toutes sortes de polen. Il lui est donc impossible de fuir tous les allergènes. Même en suivant une thérapie à base de béta-agonistes de longue action (LABA) et de glucocorticoïde les graves crises d’asthme sont fréquentes, sa vie en est profondèment bouleversée.
J’étudie en ce moment la possibilité de lui prescrire de l’Omalizumab, un anticorps monoclonal ciblé sur l’immunoglobuline E. Je n’ai cependant pas la moindre expérience avec ce traitement et suis pour cette raison assez critique. J’ai lu que le suivi de ce traitement pouvait favoriser le développement de tumeurs malignes et que le médicament pouvait provoquer des réactions anaphylactiques. Le coût du traitement n’est pas non plus à sous-estimer.
Êtes-vous favorables à la prescription de ce médicament ?
Merci pour votre aide.
Selon Endofrance, l’association française de lutte contre l’endométriose près d’une femme en âge de procréer sur 10 souffrirait d’endrométriose. La moitié des femmes malades se plaint de forts troubles et douleurs nécessitant une prise en charge médicale. En raison de sa complexité, la maladie reste souvent méconnue et provoquent des douleurs bien souvent insupportables.
Lorsque le diagnostic a été établi et la maladie identifiée, le traitement mis en place combine généralement des solutions chirurgicales et médicamenteuses combinées. Les foyers visibles de la maladie doivent être si possible retirés et leurs développement et propagation doivent être enrayés. Une guérison n’est à l’heure actuelle et au vu des traitements existants pas encore possible.
À l’heure actuelle, les études se concentrent sur les recherches de base afin de trouver la thérapie à mettre en place. Afin de rendre cela possible, il est régulièrement proposé aux malades de participer à des études qui permettront peut-être de trouver un traitement et de guérir la maladie. La participation à ce genre d’études est nécessaire si l’on souhaite un jour guérir l’endométriose. Parlez-vous de cette possibilité à vos patientes ? Pensez-vous qu’une guérison complète sera bientôt possible ?
L’Agence Europénne des médicaments (EMA) a autorisé en mai 2014, la mise sur le marché du Simbrinza® (brinzolamide/brimonidine tartrate) dans le traitement du glaucome à angle ouvert ou de l’hypertension oculaire. Ce nouveau médicament est prévu pour les patients, pour lesquels la monothérapie n’a pas été efficace.
Le Simbrinza® permet une diminution de la pression intra-oculaire. Cette dernière est rendue possible par deux mécanismes d’action différents : le brinzolamide diminue la pression intra-oculaire grâce à l’inhibition directe de l’anhydrase carbonique dans les procès ciliaires, réduisant ainsi la production d’humeur aqueuse. Le brimondine tatrate, quant à lui, a un effet inhibiteur sur les récepteurs alpha-2 adrénergiques des procès ciliaires, ce qui empêche la production d’humeur aqueuse.
C’est après une évaluation basée sur les données de qualité, de sécurité et d’effectivité, que l’EMA a fourni une appréciation positive à l’autorisation de mise sur le marché du médicament. Aux États-Unis, la FDA (Agence Américaine des produits alimentaires et médicamenteux) avait déja émis l’autorisation de mise sur le marché en avril 2013.
Les effets secondaires les plus fréquents tels que l’hyperemie oculaire, la vision floue et les allergies topiques sont localement limités. Un plan de pharmacovigilance est néanmoins recommandé pour la commercialisation de Simbrinza. Des recommandations détaillées pour la prescription et l’utilisation du Simbrinza® devraient être publiées par l’ANSM.
Alors que nos ancêtres, en raison de leurs habitudes alimentaires, consommaient près de 200mml de potassium par jour, la société actuelle souffre d’hypokaliémie. Cette carence en potassium est essentiellement dûe à la mise en circulation massive de produits alimentaires modifiés : on préfère manger une barre chocolatée à un fruit, qui serait pourtant préférable. La barre chocolatée contient certes beaucoup de sucre mais en revanche très peu de potassium. De nouvelles études démontrent que le potassium diminue la pression artérielle. Alors qu’il est conseiller de limiter la consommation d’épices trop salées pour éviter de faire de l’hypertension, le potassium est efficace pour ceux qui souffre déjà d’hypertension. Il s’agirait ainsi d’une composante efficace en prévention comme en solution.
Voici le lien vers l’étude : Effect of increased potassium intake on cardiovascular risk factors and disease: systematic review and meta-analyses
AVC, insuffisance rénale, risques cardio-vasculaires…. Nous connaissons tous les conséquences dramatiques que peut avoir une tension trop élevée, mais ce n’est pas forcèment le cas des patients. Les sujets hypertendus plus à l’aise avec leur hypertension qu’avec leur thérapie ont tendance à abandonner leur traitement. Si on leurs conseille de consommer plus de potassium, il y a de fortes chances qu’ils préfèrent appliquer cette mesure plutôt que suivre leur traitement. Je suppose que le potassium a un effet insidieux sur les tensions hautes et que cela n’accable pas les patients outre mesure. Alors n’hésitons pas à prescrire à nos patients une banane ou un fruit de leur choix en plus par jour!
Que pensez-vous de ce raisonnement ? Ne devrait-on pas tout au moins tenir au courant nos patients et les informer que la consommation de plus de fruits et légumes frais peut se montrer efficace ?
Le Généraliste a publié en février dernier un article intitulé ” “Pacte territoire santé” : tous critiques… sauf la CSMF !”, dans lequel la confédération est présentée comme étant la seule à applaudir des deux mains les mesures mises en place par le Pacte. Dr. Rua nous a pourtant annoncé que les syndicats étaient “majoritairement contre” et précisant que seul MG France soutenait cette réforme de l’offre de soins. Étant donné cette contradiction nous aimerions connaître votre position réelle sur ces réformes.
Je crois qu’il ne faut pas appeler le pacte territoire santé une réforme. C’est une mesure. Nous on est pour, car le but est bien évidemment de favoriser l’installation de jeunes médecins dans des zones qui souffrent d’une pénurie de médecins. Nous considérons que c’est aussi l’appréhension qu’ont les jeunes médecins à venir s’installer en libéral qui est un frein à l’installation. Donc pour nous, le pacte territoire santé montre des avancées. Une garantie de ressource est proposée pendant un certain temps pour ces jeunes médecins, c’est l’assurance d’avoir des premiers mois d’installation qui sont faciles. Et puis une autre avancée qui est pour nous essentielle dans le pacte c’est que, pour la première fois pour l’exercice libéral, ce sont des mesures d’ordre social avec entre-autre des garanties en cas de congés de maternité pour les femmes. Il faut savoir que ça a souvent été identifié comme un frein pour les jeunes médecins le fait que la couverture et les prestations sociales étaient vraiment différentes entre l’exercice salarié et l’exercice libéral. La féminisation de la profession rend ces différences encore plus criantes. Cette mesure relative au congé maternité est en mesure de favoriser l’installation de jeunes femmes en libéral. Cela fait maintenant partie des revendications de l’UNOF-CSMF ; on aimerait que ces mesures soient étendues à la totalité des médecins libéraux.
Vous êtes le syndicat des Médecins de Famille de la Confédération des Syndicats Médicaux Français (C.S.M.F.) cela implique-t-il que l’UNOF et la CSMF partagent toujours le même point de vue sur les réformes de santé en France ?
Il y a plusieurs exemples récents qui montrent que l’on cohabite de façon harmonieuse. Depuis 3 ou 4 ans par exemple, toutes les décisions prises en faveur de la démographie médicale écartent systématiquement les médecins dits de second recours, c’est à dire les médecins libéraux autres que les généralistes, et ce qu’elles soient prises dans le cadre de la convention nationale des médecins ou localement par les ARS. Or pour nous, branche généraliste de la CSMF, il faut prendre en compte l’intégralité de la médecine libérale. On plaide pour que dans les regroupements de professionnels, dans les maisons de santé pluridisciplinaire ce ne soit pas comme ça l’est dans la mouture 2014 des nouveaux modes de rémunération ; pénalisant le fait d’avoir des spécialistes de 2ème recours dans nos regroupements. Alors pourquoi ? Parce qu’aujourd’hui on sait très bien que l’enjeu en terme d’exercice coordonné, ce sont les pathologies chroniques, ce sont ces 10% de patients qui sont responsables de 70% des augmentations de dépenses de santé. Il faudrait que le médecin généraliste soit aidé des autres professionnels de santé, infirmiers, kinés ou pharmaciens mais aussi des autres spécialistes dans les prises en charge. Je ne peux pas, par exemple, traiter des cas compliqués de polyarthrite rhumatoïde sans le rhumatologue, de BPCO sans le pneumologue, de diabétiques sans l’endocrinologue. C’est selon moi très enrichissant de ne pas être dans un syndicat monocategoriel avec juste de médecins généralistes.
On l’a vu dernièrement avec les pédiatres. Un syndicat revendiquait le médecin traitant pour les enfants, les médecins généralistes de la CSMF, de l’UNOF-CSMF sont aussi tout à fait favorables, car nous voudrions donner un sens à ce parcours et à ces prises en charge. Or le constat aujourd’hui, c’est que les échanges entre les pédiatres et les médecins généralistes sont loin de se passer dans des conditions optimales. Et bien je dirais qu’on est sortis par le haut de ça à la CSMF; parce que nous avons fait tout un travail entre les médecins généralistes et les pédiatres et on a fait le constat qu’aujourd’hui en terme de prévention il n’y a rien de fait au niveau national pour la prévention de l’enfant et de l’adolescent. On a posé la question aux pédiatres et généralistes de la CSMF et on est tout à fait d’accord pour qu’il y ait un médecin traitant de l’enfant, qui pourra être soit un généraliste soit un spécialiste mais dans le cadre d’une véritable politique de santé publique de l’enfant de moins de 16 ans avec en plus de cela un parcours de santé qui soit pas pénalisant pour les assurés sociaux, c’est à dire entre autre, pour les parents.
Donc voilà, c’est peut-être pour nous plus complexe qu’au départ, parce qu’on est confrontés à des problématiques auxquelles on ne serait pas confrontés si nous étions un syndicat pour les généralistes seuls, comme d’autres syndicats mais globalement je crois que l’on s’en sort toujours, dans l’intérêt des patients et de la population que l’on prend en charge.
Et en ce qui concerne les déserts, vous avez les mêmes positions ?
Totalement oui. Dans les départements comme c’est le cas chez moi en Mayenne, depuis dix ans, on a apporté des réponses aux problèmes de démographie médicale des médecins généralistes. La problématique aujourd’hui, c’est la démographie des autres spécialités médicales. Dans la zone rurale où j’exerce, j’ai un tiers du département, une population de 300 000 habitants, tout le Nord du département, on a plus d’ophtalmo, après cet été on aura plus avoir de pneumo. C’est un véritable problème, pour nous médecins généralistes, pour le suivi de nos patients atteints de pathologies chroniques.
Votre discours témoigne d’une crainte d’une étatisation du système de santé français, est-ce vraiment le sentiment que vous donnent toutes les réformes en marche ? Ne pensez-vous pas qu’une lutte contre la désertification passe nécessairement pas une gestion nationale du système de santé et donc par une intervention de l’État ?
Je crois que l’on exagère beaucoup les déserts médicaux, moi je n’en connais pas beaucoup en France. Il y a des déserts, tout simplement et quand il y a des déserts de tout ce sont aussi des déserts médicaux. Aujourd’hui on voit très bien que des réponses ont été apportées dans les régions et zones rurales où il y a 10/12 ans il y avait en effet des problèmes par rapport à la démographie des médecins généralistes. À partir du moment où il existe des dynamiques sur le territoire et tout le monde se remonte les manches, aussi bien les représentants des professionnels de santé, les URPS, l’État à travers les ARS et les conseils généraux, on voit qu’on peut apporter des réponses avec une réflexion territoriale. On va toujours trouver des élus qui vont parler de déserts médicaux, mais à quelle échelle ? Ils parlent de déserts médicaux, à l’échelle de leur commune. Je crois qu’aujourd’hui la commune n’est plus la bonne réflexion territoriale pour réfléchir à l’organisation de la réponse à la demande de soins. Si dans les années 80 on a des médecins qui sont allés de leur propre chef s’installer seul dans des petites communes dans des zones rurales, reculées, ce n’est pas parce qu’il y avait des besoins de santé, mais tout simplement parce que la démographie médicale était telle que pour pouvoir gagner leur vie, ils étaient obligés de s’installer dans des petites communes.
Il est vrai que la population et les élus ont l’habitude depuis 20-30 ans d’avoir un médecin dans leur commune et lorsqu’il n’y a brusquement plus de médecin dans la commune ça devient un désert. Mais en général on organise une réponse en termes d’organisation du soin à l’échelle de la communauté de communes. Alors il est vrai que les choses sont un peu différentes mais ces nouvelles organisations ont toutes les chances de devenir pérennes. Nous savons très bien que les jeunes médecins n’ont pas envie de travailler seul. Donc, mettre en place des réponses avec plusieurs médecins généralistes regroupés avec d’autres professionnels de santé répond d’une part au vœu des jeunes médecins généralistes et cela permet d’autre part de travailler de façon plus coordonnée. Par ailleurs, cela répond aux enjeux d’aujourd’hui et de demain en terme de prise en charge de la population atteinte de pathologies chroniques. Étant donné qu’il y a selon moi très peu de déserts, je ne vois pas aujourd’hui l’intérêt des ARS ; elles doivent certes être aidantes, il y a les fonds d’intervention régionaux dont elles peuvent se servir pour aider en cas de demande des professionnels de santé mais elles n’ont pas la vocation de tout organiser sur le terrain par le biais des Schémas Regionaux d’Organisation des Soins (SROS) et dire où un médecin est nécessaire et où il ne l’est pas. Nous sommes opposés à cela et c’est ce que l’on craint avec cette future loi de santé au travers de ce qui pourrait devenir un SROS ambulatoire opposable pour les médecins libéraux et tout particulièrement pour les médecins généralistes. La volonté c’est de diminuer au maximum le poids et le rôle protecteur des conventions signées entre l’assurance maladie et les médecins et de confier des missions beaucoup plus importantes aux ARS. Il suffit de voir ce qu’il se passe sur le terrain. Il y a de nombreuses disparités entre les 27 régions françaises, elles résultent des volontés différentes des ARS. Ces dernières s’impliquent différemment dans l’organisation de la médecine générale et on voit des régions où les relations se passent globalement bien car les ARS sont aidantes et d’autres où rien ne va. Du coup il existe des disparités énormes, y compris au niveau des rémunérations. On cite toujours l’exemple de la permanence des soins ambulatoires depuis qu’elle n’est plus conventionnelle. Il faut savoir qu’aujourd’hui d’un département à l’autre et d’une région à l’autre les rémunérations entre les médecins généralistes qui participent à la permanence des soins ambulatoires varient de 1 à 3. Pour nous c’est complètement inacceptable et c’est le risque de demain.
Pensez-vous que l’augmentation du numerus clausus et donc du nombre de médecins pourrait être une solution ?
Les chiffres qui sont donnés par l’Ordre national montrent qu’en 2012-2013 plus de 20% des médecins qui se sont inscrits à l’Ordre sont formés à l’étranger. Il s’agit de Français qui vont se former à l’étranger, il existe maintenant des facultés de médecine de langue française à l’étranger comme en Roumanie et de médecins étrangers, formés à l’étranger dans la zone euro. Ce n’est plus un problème de numerus clausus français, la réflexion sur la démographie médicale ne doit plus se faire au niveau français mais au niveau européen. Aujourd’hui, les jeunes qui vont se former à l’étranger sont pour beaucoup des recalés du concours de première année. Donc augmenter le numerus clausus n’est pas la bonne solution. Par contre il doit y avoir une réflexion européenne, parce que les coûts pour ces pays où les médecins sont formés sont très élevés. C’est le problème qui se pose en Belgique, des médecins ou professionnels de santé sont formés et finalement ils vont exercer ailleurs, cela a un coût en terme de formation. Ensuite cela peut déboucher sur des problèmes de démographie. Donc la réflexion doit être européenne et doit inclure les mesures qui existent dans chaque pays y compris le numerus clausus en France. Mais on ne peut plus avoir une réflexion uniquement française sur ce dossier.
Vous représentez exclusivement les médecins généralistes libéraux pensez-vous que les mesures mises en place par le ministère seront réellement efficaces et rendront l’activité libérale et généraliste plus attractive ?
Les études réalisées par l’Ordre dans les promotions d’étudiants le prouvent ; lorsqu’ils ont validé et écrit leur thèse, ils sont remplaçants la première année et les taux d’installation en libéral sont importants. Dans les sondages qui sont réalisés par le syndicat des internes en médecine générale (l’ISNAR-IMG) on remarque aussi cette volonté. Je crois que globalement les jeunes sont attirés par l’exercice libéral.
Après il est vrai qu’il y a une méconnaissance de ce type d’exercice et certaines communes se sont lancées dans des maisons médicales où les médecins sont salariés et très rapidement ces médecins ou du moins une bonne partie d’entre eux les quittent, parce que premièrement il s’agit de maisons est purement médicales, or on voit bien qu’à l’heure actuelle il faut aller au-delà du médecin : la réflexion doit être pluriprofessionnelle et en terme d’exercice coordonné. Ensuite quand cela se passe dans des municipalités, cela se fait au détriment de l’offre de soin qui existe déjà. Ce qui signifie qu’il n’y a aucune réflexion avec les professionnels existants et en général l’installation de ces maisons de santé avec des médecins salariés se passent mal par rapport à l’offre de soin et aux médecins qui sont déjà installés. Enfin, ce qu’oublient souvent de dire les élus à la population, c’est que ça va lui coûter de l’argent en termes d’imposition locale. Et pour éviter que cela coute trop cher des élus mettent la pression sur les médecins en leur disant le nombre d’actes à réaliser à l’heure et par jour pour que cela soit rentable. Le contenu des consultations de médecine générale est surtout intellectuel puisque les médecins généralistes font très peu d’actes techniques. Il est vrai que l’acte clinique en France est très peu valorisé et le nombre de consultations dites faciles diminue à cause du déremboursement de certains produits ; les patients vont directement voir les pharmaciens; pour des rhino-pharyngites par exemple on ne voit plus ces patients-là. En cabinet on fait de plus en plus de consultations dites complexes longues, elles devraient être rémunérées sur la base d’un C2, c’est à dire 46€ et puis la consultation devrait être revalorisée aussi. Cela est un peu un frein et ce n’est pas forcément un problème de revenus, c’est l’image que l’on porte aujourd’hui dans notre société françaises sur le travail accompli par les médecins généralistes.
Aujourd’hui la santé a un coût et avec les difficultés financières que connait le pays, le principal c’est d’essayer d’être performant. C’est à dire efficace et efficient. Depuis une douzaine d’années, les médecins libéraux et plus particulièrement les médecins généraux ont été beaucoup plus performants en terme de dépense de santé.
Dans un communiqué de presse publié le 6 juin sur son site la CSFM exige un soutien accru pour la médecine de ville avec le transfert vers la ville des parts de l’activité hospitalière qui peuvent l’être. Cette demande se fait dans le contexte de la commission des comptes de la sécurité sociale, mais ne pourrait-on pas considéré qu’une telle démarche rendrait aussi la médecine de ville plus attractive pour les jeunes diplômés et donc enrayer le désert ?
Les économistes de la santé le disent l’enjeu de demain c’est faire des économies à l’hôpital. Le problème, c’est qu’il n’est pas forcément politiquement correct de le faire parce que l’hôpital c’est souvent le plus gros employeur des villes où il est installé. Il y a dans les hôpitaux beaucoup de patients atteints de pathologies chroniques qui pourraient être pris en charge à domicile. La volonté du gouvernement, est que ces patients atteints de pathologies aiguës ou chroniques, puissent être chez eux et suivis dans le cadre d’un exercice coordonné. Nous ne voulons pas voir l’hôpital sortir de ses murs pour aller voir ses patients à domicile. Ce que l’on réclame, c’est avoir les moyens pour assurer ces nouvelles prises en charge. Or, on a aujourd’hui une négociation pluriprofessionnelle, la première, engagée justement pour favoriser cet exercice coordonné et les moyens mis sur la table par le gouvernement sont ridicules; l’une enveloppe de 18 millions d’Euros est insuffisante. Si l’on veut que certains patients ne soient plus pris en charge à l’hôpital mais à domicile sans pour autant en restreindre la prise en charge, il nous faut des moyens. Ces moyens dont l’hôpital n’aura plus besoin on doit pouvoir les donner aux professionnels de santé libéraux, si ce n’est pas le cas on n’atteindra pas l’objectif. Selon nous ce serait prendre un risque, que d’aller prendre en charge ces patients à domicile et donc de sortir de ses murs; ce n’est pas la vocation de l’hôpital. C’est le rôle des professionnels de santé libéraux d’assurer ces prises en charge.
Docteur Rua, Président du SML a déclaré avoir été mis devant le fait accompli plus que réellement consulté. Est-ce un sentiment que vous partagez ? Concernant le pacte territoire santé, non il n’y a pas eu spécialement de concertations entre le ministère et les représentants des syndicats de médecins libéraux. Et de manière générale, est-ce que vous pensez que la communication entre les syndicats des médecins et le gouvernement est satisfaisante ?
Je pense qu’on a un tournant aujourd’hui, d’abord parce qu’on a une loi de santé. Aujourd’hui bien sûr on va nous dire qu’il y a une concertation mais nous on a l’impression que tout est écrit avant. On a appris à se méfier de cette démocratie sanitaire qui donne l’impression à différents partenaires qu’ils sont acteurs de ce qu’il se passe. Les directions qui sont prises vont vers une véritable étatisation et modifient les modèles sur lesquels on fonctionnait jusque-là. La loi HPC avait limité le rôle de l’assurance maladie dans les départements et dans les régions, les URCAM ont même disparues. Nous avons le sentiment, que l’on veut réduire les rôles de l’assurance maladie au niveau national et donner de plus en plus de pouvoirs à l’État. Ces pouvoirs seraient ensuite mis dans les mains des ARS pour pouvoir les mettre en œuvre en région. Donc la possibilité pour les ARS de pouvoir directement contractualiser avec les professionnels qu’ils soient regroupés ou isolés. Et cela change radicalement le modèle dans lequel on est; aujourd’hui on a une convention nationale qui est protectrice pour les médecins, demain on va vider cette convention de son contenu et on aura des directeurs d’ARS qui en fonction des besoins, de leur bon-vouloir contractualiseront avec certains et pas avec d’autres.
Alors vous avez peur de l’arbitraire en fait ?
Tout à fait.
Vous allez d’ici quelques années intégrer une maison de santé pluridisciplinaire, projet auquel vous avez activement participé. Pourquoi avez-vous pris part à ce projet ? Voyez-vous en ces maisons un avenir pour la médecine libérale ? La contradiction avec le discours du Dr. Rua nous a particulièrement frappés. Ce soutien à un projet ministériel est-il révélateur d’une perception différente voire contradictoire de l’exercice libéral par les deux syndicats ?
Je suis en Mayenne, un département qui dans les années 2000 était parmi les derniers en terme de démographie médicale des médecins généralistes. En 2002 on a commencé à travailler sur l’amélioration des conditions d’exercices des médecins généralistes et sur la permanence des soins ambulatoires. On est passé de 33 à 8 secteurs, on a amélioré et mis en place une régulation libérale. Si on interroge l’ensemble des médecins généralistes de ce département ils vous diront tous que leur vie a radicalement changé, avec des gardes beaucoup moins pénibles et fréquentes et dont la rémunération s’est aussi nettement améliorée. Ensuite on a réfléchi en dehors des temps de la permanence des soins ambulatoires, si nous n’avions rien fait on aurait des problèmes pour satisfaire les demandes de soins de la population du département. Et donc on a proposé des modèles de réorganisation. Et très souvent d’ailleurs, en maison de santé pluridisciplinaire on est multisite de façon à maintenir un maillage du territoire. Le but, ce n’est pas de faire disparaître toutes les structures qui existent mais de mettre en place un exercice coordonné. Je le rappelle mais c’est une des organisations locales que l’on a mise en place. Nous sommes tout à fait favorable à l’exercice coordonné à l’échelle nationale mais il ne doit pas y avoir de modèle unique. C’est à dire, la maison de santé pluridisciplinaire sur le même site où tout le monde se met sous le même toit. Il s’agit de la volonté des professionnels et cela reste très clairement un exercice libéral. Après que cela soit en exercice monosite ou multisite peu importe, c’est aux professionnels de décider. On sait qu’en zone rurale, le terrain coute moins cher et cela peut être plus facile de se regrouper physiquement tout en gardant des cabinets satellites autour. Le fait de maintenir ce maillage, c’est un vœu de la population, des élus et des professionnels de santé. Ces dernier ne veulent pas forcément quitter leurs lieux d’exercice et les liens qui ont été mis en place avec la population.
Il y a encore bon nombre de médecins dans les zones rurales et urbaines qui exercent seuls mais ce type d’exercice n’a pas vocation à pérenniser, car ce n’est pas la vocation des jeunes. C’est aussi le principe de réalité, c’est se dire que si l’on a pas de principe et de nouvelles organisations à présenter aux jeunes, il ne faudra pas se plaindre non plus s’ils ne vont pas en libéral. Donc voilà, pas de modèle unique mais en tout cas aller vers des exercices coordonnés.
En février 2013, le Sénateur Hervé Maurey avait dans un rapport sur les déserts médicaux proposé que les jeunes diplômés qui souhaitaient s’installer en zone au nombre de médecins suffisant ne soient plus conventionné. Que pensez-vous de la proposition de telles mesures coercitives ? Ne risquent-elles pas, dans un avenir plus ou moins proche, de devenir inévitables ?
Depuis 10 ans on voit des élus qui veulent mettre en place des mesures coercitives, à l’UNOF-CSMF on a toujours été opposés à toutes formes de mesures coercitives. Il faut donner envie de s’installer. Il est rare qu’une seule mesure incitative suffise, il en faut générallement plusieurs, qui cumulaient sont vraiment attractives. C’est comme un puzzle avec des mesures conventionnelles, des mesures prises par les ARS, les engagements des conseils généraux … Dans certains départements où il n’y a pas de faculté de médecine des bourses sont proposés aux internes pour leurs éviter des surcoûts et donc les convaincre. Les médecins généralistes maitres de stage participent aussi à l’attractivité de la médecine générale d’une région. Donc vous voyez, c’est un ensemble de mesures incitatives et le jour où il y aura des mesures coercitives, il n’y aura plus de mesure incitative. D’autres pays l’ont testé avant, l’Allemagne, le Canada, cela ne marche pas, ils sont revenus à des mesures incitatives.
Si vous pouviez changer quelque chose au système de santé français, ce serait quoi ?
Ce qu’il ne fait pas changer, je pense, c’est le système des tarifs avec l’assurance maladie, je le dis parce que je pense le système français est à un moment charnière qui aura des effets très délétères. On voit ce sont des médecins généralistes libéraux qui pour des raisons financières sont en train de diminuer leur temps de secrétariat. On voit l’effet délétère que cela aura à moyen et long terme. Les secrétaires nous aident pour toutes les tâches administratives et aident tous ces patients qui vieillissent, elles les guident dans le parcours de soins, prennent leur RDV et être aujourd’hui obligés de diminuer ce temps de secrétariat pour des raisons financières ça va avoir un effet délétère sur l’exercice des médecins généralistes. Donc globalement s’il y a quelque chose à changer, pour les médecins généralistes et pour toutes les spécialistes cliniques, c’est une rémunération de l’acte qui tienne compte de son contenu, il n’est plus acceptable que les consultations d’une demi-heure soient payées 23€, c’est mépriser les médecins généralistes. Il faut une rémunération qui tienne compte du coût de notre pratique. Si on prend ça en compte, cela nous permettra de mettre en place des messageries sécurisées, de communiquer entre nous et au niveau des logiciels-métiers, de communiquer avec les établissements de soins, pouvoir communiquer avec le système médico-social. Les enjeux de demain, c’est passer du soin à la santé, nous sommes des acteurs de soin et nous avons bien compris qu’il fallait s’intéresser à la santé et travailler avec les autres acteurs : les établissements de soins et le secteur médico-social.
Le 25 juin dernier, le médecin urgentiste Nicolas Bonnemaison a été acquitté, il était jugé pour avoir mis fin à la vie de sept de ses patients en phase terminale. Si aucune famille n’a porté plainte contre le médecin, l’une d’elle s’est tout de même constitué partie civile. Le représentant de l’accusation a résumé de manière concise les faits du point de vue de la justice : “votre volonté n’était pas de faire le mal mais pour faire le bien, au regard de la loi, vous avez fait le mal”. Une citation qui illustre illustre avec pertinence la complexité d’une affaire judiciaire et humaine complexe. Le 15 avril 2014, le Conseil de l’Ordre national des médecins avait annoncé la radiation du praticien. Une radiation qui a pris effet le 25 juillet et n’a été en rien remise en question par son acquittement. Le parquet de Pau a fait appel et ainsi mis de l’huile sur le feu d’une affaire qui semblait pourtant toucher à sa fin. Depuis, une pétition de soutien au Docteur Bonnemaison a été lancée. Depuis 2011 l’affaire a fait beaucoup d’encre et a levé beaucoup d’interrogations sur l’euthanasie et la fin de vie des patients, l’occasion aussi de revenir sur les clefs du débat sur la fin de vie.
En 2012, François Hollande, alors candidat aux élections présidentielles a rendu publiques 60 promesses à réaliser pendant son mandat. Parmi ces promesses, la promesse n°21 relative à la fin de vie, une promesse qui projette d’ ”introduire la possibilité de bénéficier d’une assistance médicalisée pour terminer sa vie dans la dignité, dans des conditions précises et strictes”. Ce projet propose une amélioration d’une loi qui existe depuis 2005: la loi Leonetti. Condamnation de toutes formes d’obstination déraisonnable, la loi autorise le refus de traitement du patient ainsi que la mise en place de tous moyens nécessaires à combattre la douleur. En cas d’inconscience du patient un collègial doit se réunir et la famille ou une personne de confiance (désignée par le patient) décident de l’arrêt des traitements ou non. Une loi méconnue qui ne semble plus répondre aux volontés des patients et soignants comme le rappelle le cas de Vincent Lambert. La loi Léonetti montre donc ses limites : la dignité des patients n’est que très peu respectée, ils meurent de non-traitement et par conséquent de faim (plus d’alimentation assistée) et de soif.
Pour le président, il ne s’agit pas de légaliser l’euthanasie mais bien de faciliter la fin de vie des patients qui ne souhaitent plus se battre. Monsieur Hollande a par ailleurs nominé le 20 juin dernier Jean Leonetti et Alain Claeys pour une mission temporaire au coté de Madame Touraine. Cette mission devrait permettre d’apporter des solutions à la question des droits des malades et de la fin de vie en continuité avec les lois déjà existantes.
Selon un sondage BVA pour Le Parisien et Aujourd’hui en France 89% des français sont en faveur du vote d’une loi visant à autoriser l’euthanasie, les 65 ans et plus sont à 98% en faveur d’une telle loi. Le sondage va plus loin en s’intéressant aux acteurs les plus légitimes pour décider d’une euthanasie. Ainsi, pour 53% la famille est la plus a même de prendre ce genre de décision, pour 41% le médecin et pour 6% le juge. Des chiffres qui témoignent que là où les politiques et la justices sont indécis les Français semblent savoir ce qu’ils veulent.
Nul doute que le débat ouvert par les affaires Nicolas Bonnemaison et Vincent Lambert ne trouvera de fin qu’avec une loi adéquate aux volontés des patients et aux devoirs des médecin, qui parfois pour soulager les souffrances et ne pas prolonger abusivement les agonies se trouvent dans le nécessité de provoquer la mort.
L’affaire Bonnemaison a au moins eu cela de positif qu’elle a mis avant médecins parfois oubliés : les médecins urgentistes. Souvent confrontés à des cas nécessitant une prise en charge rapide à l’image de Ross ou Carter d’ “Urgences”, ces médecins doivent prendre des décisions rapides, efficaces et bien souvent vitales. Les urgences des hopitaux tout comme les services médicaux d’urgence tels que le SMUR ou le SAMU sont fréquemment confrontés à des urgences qui n’en sont pas et qui rendent la prise en charge de vraies urgences d’autant plus difficiles.
Je pense que la mise en place d’un nouveau numéro unique pour la garde en ville proposé par Marisol Touraine permettrait de désencombrer quelque peu le système urgentiste français et peut-être de rendre au 15 ses lettres de noblesse et donc son caractère d’urgence. Qu’en pensez-vous ?
Par ailleurs il me semble nécessaire de mettre en place une véritable prévention autour de la médecine d'urgence, éduquer les malades à cette pratique et lui redonner ainsi son sens originel. Êtes-vous de mon avis ? Pensez-vous que la population soit vraiment en mesure de reconnaître l'urgence quand elle se présente ?
Je suis impatient de prendre connaissance de vos avis et d'en discuter avec vous !
Les bienfaits du sport sur la santé et le bien-être ne sont plus à prouver. Les campagnes d’incitation du genre: « Bouger plus », « Sportez-vous bien » pour être « A fond la forme » inondent médias et couloirs de métro. Il est vrai qu’à tout âge, l’ensemble des systèmes de l’organisme (musculaire, ostéo-articulaire, respiratoire, cardio-vasculaire et psychique) croquent les fruits mûrs d’une activité physique régulière. Or comme « manger 5 fruits et légumes par jour » est conseillé : croquons ,croquons, tout en mouvement !
Force est toutefois de constater que les campagnes portent leurs fruits et que la population sportive croît… et mûrit. La vigilance est donc de mise car le système cardiovasculaire, qui occupe une place centrale dans les adaptations de l'organisme aux contraintes du sport peut parfois être défaillant et à l'origine d'accidents. L’infarctus ou la mort subite touchent chaque année un nombre certain de français lors de sa pratique sportive (en France, 1100 cas/an de mort subite non traumatique et 1200 cas/an d’infarctus non mortel).
L’accident est régulièrement précédé de signes qui auraient dû amener à la réalisation d’un bilan médical (dyspnée, lipothymies, douleurs thoraciques, palpitations, …) ou résulte de comportements à risque et négligents (dopage, tabagisme, hyperlipidémie, hypertension artérielle, hyper sollicitation à l’entraînement, …)
Ces décès sont souvent révélateurs de pathologies cardiaques déjà présentes, telles que les anomalies coronaires ou les dysplasies. Depuis septembre 2011, le Ministère des Affaires sociales et de la Santé, et le Ministère des Sports, de la Jeunesse, de l'éducation populaire et de la Vie associative ont lancé une campagne nationale de prévention pour sensibiliser les sportifs de tous niveaux à ce risque.
Cette campagne s'appuie sur les 10 règles d'or dictées par le Club des Cardiologues du sport (CCS) et repose sur trois principes simples:
-Faire attention à sa santé
-Respecter des consignes simples et de bon sens lors d’une pratique sportive
-Surveiller les signaux anormaux et consulter son médecin traitant
Le sportif est ainsi sensibilisé et c’est au professionnel de santé d’améliorer le dépistage en amont. Pour ce faire, un interrogatoire et un examen à la recherche de signes particuliers ou d’antécédents familiaux de cardiopathie, un contrôle sérieux des facteurs de risque, et un électrocardiogramme de repos annuel semblent être les ingrédients d’une campagne réussie.
Afin que sport continue à rimer avec santé et bien-être, le CCS a ainsi défini ces consignes :
1/ Je respecte toujours un échauffement et une récupération de 10 minutes lors de mes activités sportives
2/ Je bois 3 à 4 gorgées d’eau toutes les 30 minutes d’exercice à l’entraînement comme en compétition
3/ J’évite les activités intenses par des températures extérieures inférieures à -5°C ou supérieures à 30°C
4/ Je ne fume jamais 1 heure avant ni 2 heures après une pratique sportive
5/ Je ne prends pas de douche dans les 15 minutes qui suivent l’effort
6/ Je ne fais pas de sport intense si j’ai de la fièvre, ni dans les 8 jours qui suivent un épisode grippal (fièvre + courbatures)
7/ Je pratique un bilan médical avant de reprendre une activité sportive intense si j’ai plus de 35 ans pour les hommes et 45 ans pour les femmes
8/ Je signale à mon médecin toute douleur dans la poitrine ou essoufflement anormal survenant à l’effort*
9/ Je signale à mon médecin toute palpitation cardiaque survenant à l’effort ou juste après l’effort*
10/ Je signale à mon médecin tout malaise survenant à l’effort ou juste après l’effort*
*Quels que soient mon âge, mes niveaux d’entrainement et de performance, ou les résultats d’un précédent bilan cardiologique
La poliomyélite est une pathologie virale du système nerveux, touchant principalement les enfants de moins de 5 ans. Extrêmement contagieux, le virus colonise l’intestin puis les voies nerveuses et entraîne des paralysies fulgurantes voire irréversibles (1/200 infections). Dans 5 à 10% des cas il peut atteindre les muscles respiratoires et êtrealors mortel.
Jusqu’à ce que la protection vaccinale voit le jour dans les années 60 cette infection faisait des ravages avec 600.000 enfants touchés par an dans le monde. C’est en 1988 avec le lancement du programme d’initiative mondiale d’éradication de la poliomyélite par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) que la chasse au poliovirus a véritablement débuté.
La stratégie utilisée fût la suivante:
« Chez le nourrisson : administration de quatre doses de vaccin antipoliomyélitique oral pendant la première année. Des doses de vaccin antipoliomyélitique oral sont administrées à tous les enfants de moins de 5 ans au cours de journées nationales de vaccination. La surveillance chez tous les enfants de moins de 15 ans atteints de paralysie flasque aiguë (PFA), le symptôme qui caractérise la maladie, par un réseau de laboratoires. »
Comme crédo, « Tant qu’un seul enfant reste infecté, tous les autres, dans tous les pays, risquent de contracter la poliomyélite ». La chute de l’incidence mondiale de la maladie de 99% depuis 1988 ainsi que l’absence de cas recensés sur les continents Americain et Européen et la zone du Pacifique Occidentale depuis le début des années 2000 reflètent le succès de la stratégie vaccinale. Des foyers infectieux persistent néanmoins au Nigeria, Pakistan et Afghanistan, dernières zones endémiques du poliovirus. La vigilance est donc de mise, le combat n’est pas fini mais les finances tarissent.
L’OMS note que « l’échec de l’éradication dans ces derniers bastions de la maladie pourrait aboutir à ce que le nombre des nouveaux cas revienne, d’ici 10 ans, à 200 000 par an. » Or, maintenant que la maladie ne fait plus rage certains pays négligent le suivi d’une couverture vaccinale stricte. Cette attitude laxiste est la porte ouverte à l’apparition de nouveaux types de virus, dits recombinants (majoritairement cas d’association des poliovirus avec les entérovirus).
Le Nigéria a suspendu en 2003 les campagnes de vaccination, déclenchant par effet boule de neige une épidémie nationale menaçant les pays frontaliers. Ce gaspillage d’efforts et de temps a un coût financier (US $450 millions pour les vaccins en urgence) et humain (des milliers d’enfants touchés). Ces éléments retardent l’objectif espéré d’éradication de la maladie et d’arrêt de suivi vaccinal, comme ce fut le cas pour la variole en 1980.
Par ailleurs, depuis octobre 2013 des cas de poliomyélite ont été découverts en République arabe syrienne (37 cas au 20 mars 2014); considérant la situation géopolitique actuelle de la région, les mouvements de population nombreux et les conditions d’hygiène précaires, le risque de propagation internationale est sévère, une alerte a donc été lancée par l’OMS pour contrer cette flambée de Poliomyélite au Moyen Orient, véritable « urgence de santé publique de portée globale ». Une opération de riposte d’ampleur considérable se déroule dans ce foyer régional et les recherches de cas isolés vont bon train. A noter tout de même que depuis 1999, plus aucun cas de poliomyélite n’avait été détecté en Syrie.
Ne baissons donc pas la garde, il est de notre devoir de maintenir les efforts des 40 dernières années de lutte contre la poliomyélite.
Les témoins de Jéhovah refusent la transfusion pour atteinte aux libertés individuelles et n’hésitent pas à poursuivre en justice quiconque oserait leurs faire grimper l’hémoglobinémie pour les sortir d’affaire.
Entre les principes de respect de la vie et de refus de soins à suivre, que décider en situation d’urgence ? Comment l’anesthésiste-réanimateur doit-il agir ?S’attirer les foudres d’Hippocrate et du conseil de l’ordre ou celles des victimes ? Y-a-il des alternatives à la transfusion en urgence ? La transfusion est-elle strictement refusée ou cette organisation tolère t-elle des entorses au règlement ?
Les témoins de Jéhovah considèrent après lecture de la Bible le sang comme sacré. La consommation d’aliments en contenant est ainsi proscrite, de même que « toute utilisation thérapeutique, qu'il s'agisse de sang allogénique total, de plasma, de concentrés globulaires, plaquettaires ou leucocytaires (…), mais également toute collecte anticipée de leur sang pour une utilisation différée (…) ». En revanche, quelques entorses sont autorisées, à savoir qu’ils acceptent « la transfusion de sang autologue au cours de procédures telles que l'hémodilution ou la récupération per- ou postopératoire du sang », et qu’il incombe à chacun de s’autoriser ou non le recours aux produits de fractionnement du plasma.
La recherche creuse de son côté pour trouver des solutions alternatives à la transfusion de globules rouges dans le cadre de l’urgence, sans obtenir pour le moment de résultats probants d’après l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (actuelle Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé).
Le médecin quant à lui se trouve face à un dilemme encore irrésolu aujourd’hui: transfuser contre la volonté du patient ? et respecter non seulement les principes de son métier, protéger la santé et en dernier ressort la vie elle-même, mais aussi ceux du code pénal qui « puni [de cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende] quiconque s'abstient volontairement de porter à une personne en péril l'assistance que, sans risque pour lui ou pour les tiers, il pouvait lui prêter soit par son action personnelle, soit en provoquant un secours ». Ou alors ne pas transfuser et respecter la décision du patient? Les droits des malades représente désormais une donnée à laquelle le médecin doit se soumettre sans quoi les victimes recourent facilement aux tribunaux.
Il ne saurait par ailleurs être reproché au médecin lorsque le malade peut exprimer sa volonté, d’avoir respecté son refus de soin menant irrémédiablement au décès du-dit patient (respect de la liberté fondamentale). En cas d’impossibilité de recueil de consentement du patient, l’ordonnance du 16 août 2002 offre un éclairage sur la question en stipulant que : « Avant de recourir à une transfusion dans les conditions indiquées [situation extrême mettant en jeu un pronostic vital], il incombe aux médecins du centre hospitalier universitaire […] d'une part de mettre tout en œuvre pour convaincre le(la) patient(e) d'accepter les soins indispensables, d'autre part de s'assurer qu'un tel acte soit proportionné et indispensable à la survie de l'intéressé(e). » De plus, tout doit avoir été en amont mis en œuvre pour éviter la transfusion puisqu’il n’existe pas d’alternative thérapeutique.
Sachant que la gynécologie-obstétrique compte un taux de mortalité des femmes témoins de Jéhovah accouchées 44 fois supérieur à la moyenne américaine. Les dangers pour les enfants qu’elles portent n’en sont pas moins importants. Quelles solutions apporter à cet imbroglio administratif et éthique ?
En janvier dernier à Paris se déroulait « La marche pour la vie 2014 ». Avec près de 40.000 marcheurs, cette manifestation se soulevait contre l’amendement de la ministre des droits des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, dans lequel l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) sera ouvert aux femmes qui «ne veulent pas poursuivre une grossesse» et non plus parce que «leur état les place dans une situation de détresse», comme écrit dans la loi Veil de 1975.
"Si l'on supprime cette condition, laissée à la libre appréciation de la femme, c'est la porte ouverte à l'enfant à la carte, trié sur le sexe", prévient Jean-Marie Le Méné qui milite pour "le droit à la vie". Les anti-IVG protestaient également contre un autre amendement, qui étend le « délit d'entrave » au droit d'avortement au fait d'empêcher les femmes de s'informer sur l'IVG.
Le droit à l’avortement, n’en est pas un encouragement, on ne subit pas un avortement par plaisir et les craintes de dérives eugéniques ne sont que de simples fantasmes. Cette technique n’est effectivement pas sans risques ni conséquences sur la santé mais sa légalisation permet d’éviter le recours aux voies clandestines et les décès qui étaient souvent provoqués par cette pratique. .
La remise en question de cette avancée sociale majeure du XXème siècle fait particulièrement fureur en Espagne, où le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy a mis en place un projet de loi visant à limiter le droit à l'avortement. Avorter devient un délit passible de la prison. «Nous défendons la femme, puisque dans la loi de 1985, c’est elle qui était poursuivie par la justice. Désormais, ce sera le médecin qui sera visé», déclare le ministre de la justice espagnole, Alberto Ruiz-Gallardón. Toute candidate à l’avortement ne pourra plus invoquer que deux motifs : le viol (jusqu’à la 12e semaine) ou un «danger pour sa santé physique et psychique». La malformation du fœtus ne constituera plus une raison valable, sauf si ses chances de survie sont très faibles.Le pays rejoindrait le groupe des pays de l’Union européenne qui limitent ou interdisent aujourd'hui l’avortement (Irlande, Luxembourg, Pologne, Chypre et Malte) et réduirait à néant des années d’avancée progressiste du gouvernement Zapatero.
Le fait que certains pays voisins reviennent sur des mesures aussi importantes m’effraie. Et vous que pensez-vous de ces évolutions ?
Une aménorrhée d’au moins un an liée à un épuisement du capital folliculaire ovarien définit cette étape importante qu’est la ménopause dans le développement de la femme. La sécrétion ostrogénique se voit dès lors chuter drastiquement entrainant dans sa course plusieurs effets plus ou moins bien vécues par les concernées. Au même titre que la puberté ou la grossesse, la ménopause est un phénomène naturel. Originel. Normal. Ce n’est pas une maladie ni même un trouble comme ce qui peut être sous-entendu dans les pharmacies, les cabinets médicaux ou les médias.
L’ostéoporose se traduit par une diminution de densité osseuse et une détérioration de la micro-architecture du tissu osseux, voire même « par une diminution de la résistance osseuse prédisposant le sujet à un risque accru de fracture», selon le consensus des National Institutes of Heath des Etats-Unis. Il a été constaté que la maladie se développe essentiellement chez les femmes après la ménopause. C’est la raison pour laquelle il est bon de s’interroger sur le lien entre ménopause et ostéoporose. La ménopause est-elle responsable de l’ostéoporose?
Plusieurs facteurs de risques pré-ménopausiques peuvent entrainer cette fragilité osseuse, à commencer par le mode de vie. La consommation d’alcool et de tabac conjuguée à une absence d’activité physique et une mauvaise hygiène alimentaire ne font pas bon ménage avec un squelette soumis parfois à rudes épreuves.Rien de bien nouveau cependant à cela.
Les traitements corticoïdes oraux de plus de 3 mois, une hérédité ostéoporotique et un manque d’ensoleillement concourent de même à l’apparition d’ostéoporose.
Notre corps subit l’érosion des âge et même s’il est vrai que la perte de densité osseuse est plus importante et plus fulgurante chez la femme que chez l’homme il faudrait éviter de pointer du doigt systématiquement cette ménopause déjà assez angoissante pour les femmes.D’autant plus qu’il semblerait que cette diminution de densité débuterait progressivement avant même la période de pré-ménopause.
La recherche scientifique réussit parfois à dénicher des merveilles avec élégance et simplicité. Cette douceur ambrée qu’est le miel ne serait pas qu’un simple remède contre la toux en période automnale.
Après les travaux du Professeur Bernard Descottes de l’Université de Limoges dans les années 2000, les résultats sont sans appel, l’apithérapie ouvre une voie dans le traitement des plaies.
L’utilisation thérapeutique du miel ne date pourtant pas d’hier.
Dès l'Antiquité, le miel est appliqué pour embellir la peau et soigner les blessures. Hippocrate lui même, le prescrivait pour combattre la fièvre, les blessures, les ulcères et les plaies purulentes. Quelques siècles plus tard, c’est Paracelse qui met en avant ses bienfaits antiseptiques dans la guérison des infections et le soin des verrues, boutons infectieux ou furoncles. Ce sera en guise de cicatrisant des plaies des soldats lors des conflits mondiaux du 20ème siècle que le miel sera encore une fois utile.
Depuis 25 ans au CHU de Limoges, et maintenant dans le monde entier, les chirurgiens utilisent quotidiennement les vertus du miel pour traiter des plaies simples aux plus complexes, profondes ou infectées, ainsi que kystes saccrococcygiens, escarres, ulcères, brûlures ou amputations, pour ne citer que la partie émergée du champ des applications envisageables.
Antimicrobien, anti-inflammatoire et cicatrisant, le miel doit cette polyvalence à ses propriétés physico-chimiques.
A ce jour, le rôle anti-inflammatoire est attribué aux flavonoïdes, proches cousins des polyphénols, neutralisant les radicaux hydroxyles.
La cicatrisation est permise une forte concentration en sucres (fructose, glucose et saccharose) et une faible teneur en eau (20%). Le pouvoir osmotique du sucre assèche la plaie, élimine les débris nécrotiques de son lit et favorise le bourgeonnement cellulaire. Une composition enzymatique de choix confère enfin au nectar ses bienfaits antimicrobiens. En effet, la Glucoxydase produit à partir des substrats (Sucre + Eau) de l’eau oxygénée et de l’acide gluconique. Ainsi, l’acidité du miel (entre 3,2 et 5,4) et l’action antiseptique du peroxyde d’hydrogène n’offrent guère de chance aux microbes de s’en tirer. Mises en évidence récemment par le Centre médicale universitaire d’Amsterdam, des molécules proches des bêta-défensines humaines se trouvent dans le miel et grossiraient les rangs des acteurs bactericides.
Par ailleurs en 2008, une découverte complémentaire de l’Université de Dresde a permis d’identifier la présence de Methylglyoxal au sein du mélange. Cette molécule cytotoxique se trouve dans les milieux très riche en sucre et participe à la détersion de la plaie en profondeur. On lui attribue une action contre Staphylococcus Aureus ou encore Pseudomonas Aeroginosa. Un espoir quand ces deux agents pathogènes montrent des résistances aux antibiotiques les plus agressifs ?
Il est cependant évident que la composition chimique des miels varie de l’un à l’autre, que le miel est périssable, que les pansements demandent à être changés plus régulièrement que lors d’un traitement ordinaire, que l’import de miel est à surveiller (les cires n’ont pas les vertus du miel). Toutefois, la cicatrisation est rapidement obtenue, les plaies sont propres, chronicité, complication et inflammation sont éloignées d’un coup de cuiller, et l’acceptation de la lésion par le patient se voit facilitée. L’utilisation du miel dans les hôpitaux fait légion. Un produit médicalisé est commercialisé avec la mention « CE », (à usage unique le miel alimentaire convient aussi parfaitement). Ce versant de l’apithérapie n’est pas qu’un vulgaire tubercule de renoncule à appliquer les soirs de pleine lune sur les verrues. Les quelques 3000 plaies profondes de la paroi abdominale traitées au CHU de Limoges dans les années 2000 en sont une preuve.
L'être humain a une horloge biologique interne qui influence son comportement, ses rythmes et fonctions biologiques. On parle d’horloge et de rythmes circadiens (le cycle hormonal du cortisol ou les variations de température corporelle). Devoir dormir à des moments où cette horloge favorise l'éveil peut conduire à des périodes de sommeil plus courtes et perturbées, altérant ainsi le rythme circadien responsable de l’alternance veille-sommeil. C’est le cas des travailleurs postés et/de nuit qui développent plus de maladies que les autres à cause des troubles de ce rythme.
D’un point de vue réglementaire, le travail en trois fois huit heures, dit “posté”, consiste à travailler huit heures d’affilées à des moments différents de la journée ou de la nuit au cours de la semaine. De même, le travail de nuit se définit comme tout travail accompli entre 21 heures et 6 heures du matin.
Quels risques ou conséquences sur la santé des travailleurs ont donc été identifiés ?
Sur ces postes, une diminution de l’ordre d’une à deux heures de sommeil par 24h conduit à une privation chronique de sommeil et contribue à une plus faible vigilance au travail, à une hausse du risque d'accidents de voiture au retour, à une somnolence pendant la période d’éveil et une perturbation du sommeil durant le jour.
Des travaux antérieurs ont montré que les personnes soumises à ce rythme présentent davantage d'hypertension artérielle et de perturbations lipidiques, deux facteurs concourant à l’apparition d’un syndrome métabolique et accroissant le risque de maladie cardiovasculaire (infarctus et accident vasculaire cérébral) mais également le risque de développer une résistance à l’insuline, des troubles gastro-intestinaux (ulcères et problèmes de transit), des troubles psychiques (dépressions) ou encore des troubles cognitifs avec des problèmes mnésiques.
En 2010 le Centre International de Recherche contre le Cancer (CIRC) a classé le travail entraînant des perturbations du rythme circadien comme "probablement cancérigène", pour confirmer cet avis, l’étude cohorte CECILE suivie par une équipe Inserm, montre une augmentation de 30 % du risque de cancer du sein chez les femmes travaillant régulièrement de nuit. L’exposition à la lumière durant la nuit, la perturbation du fonctionnement des gènes de l’horloge biologique, ou encore les troubles du sommeil perturberaient les mécanismes anti-cancéreux de l’organisme.
En médecine du travail, le Code du Travail impose une surveillance médicale 2 fois par an aux travailleurs affectés de nuit. Ainsi sont dépistés les troubles du sommeil et les somnolences en périodes d’éveil. Néanmoins, ce contrôle ne suffisant pas, la Société Française de Médecine du Travail a publié en 2012 un rapport tamponné du label de la Haute Autorité de Santé (HAS) pour informer les institutions de ces chiffres, et y rédige des recommandations de bonne pratique à destination des travailleurs et de leur médecin.
Les recommandations sont articulées autour des mesures de prévention des risques et de surveillance médicale des travailleurs à mettre en place :
-Il est recommandé d’informer les travailleurs de maintenir une bonne hygiène de sommeil (7h de sommeil par 24h, éviter le sport et les écrans avant de dormir, se coucher à une heure correcte, dans le noir et au calme, ou encore se relever en cas d’impossibilité de s’endormir)
-Une sieste courte (inférieure à 30 minutes) est recommandée pour réduire les troubles de la vigilance et diminuer la somnolence chez les travailleurs.
-L’exposition à la lumière avant la prise de poste est recommandée pour faciliter l’adaptation au travail. La limitation de l’exposition à la lumière en fin de poste est recommandée pour faciliter le sommeil. Cette hygiène de lumière permet une meilleure vigilance pendant les heures de travail et un sommeil de meilleure qualité au retour.
-Un café en début de poste peut améliorer la vigilance au travail.
-Le recours aux médicaments psychostimulants et hypnotiques n’est pas recommandé chez les travailleurs postés et/ou de nuit.
-Chez la femme enceinte, il est recommandé d’éviter le travail posté et/ou le travail de nuit à partir de 12 semaines d’aménorrhée.
La luminothérapie aide l'horloge circadienne à s'aligner avec les heures de travail et de repos et représente le traitement de référence actuel.
Cette solution brillante nous permet donc d’attendre les réponses des scientifiques aux mystères de la désynchronisation du rythme circadien et de ses conséquences sur l’organisme.
La poliomyélite est une pathologie virale du système nerveux, touchant principalement les enfants de moins de 5 ans. Extrêmement contagieux, le virus colonise l’intestin puis les voies nerveuses et entraîne des paralysies fulgurantes voire irréversibles (1/200 infections). Dans 5 à 10% des cas il peut atteindre les muscles respiratoires et êtrealors mortel.
Jusqu’à ce que la protection vaccinale voit le jour dans les années 60 cette infection faisait des ravages avec 600.000 enfants touchés par an dans le monde. C’est en 1988 avec le lancement du programme d’initiative mondiale d’éradication de la poliomyélite par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) que la chasse au poliovirus a véritablement débuté.
La stratégie utilisée fût la suivante:
« Chez le nourrisson : administration de quatre doses de vaccin antipoliomyélitique oral pendant la première année. Des doses de vaccin antipoliomyélitique oral sont administrées à tous les enfants de moins de 5 ans au cours de journées nationales de vaccination. La surveillance chez tous les enfants de moins de 15 ans atteints de paralysie flasque aiguë (PFA), le symptôme qui caractérise la maladie, par un réseau de laboratoires. »
Comme crédo, « Tant qu’un seul enfant reste infecté, tous les autres, dans tous les pays, risquent de contracter la poliomyélite ».
La chute de l’incidence mondiale de la maladie de 99% depuis 1988 ainsi que l’absence de cas recensés sur les continents Americain et Européen et la zone du Pacifique Occidentale depuis le début des années 2000 reflètent le succès de la stratégie vaccinale. Des foyers infectieux persistent néanmoins au Nigeria, Pakistan et Afghanistan, dernières zones endémiques du poliovirus. La vigilance est donc de mise, le combat n’est pas fini mais les finances tarissent.
L’OMS note que « l’échec de l’éradication dans ces derniers bastions de la maladie pourrait aboutir à ce que le nombre des nouveaux cas revienne, d’ici 10 ans, à 200 000 par an. » Or, maintenant que la maladie ne fait plus rage certains pays négligent le suivi d’une couverture vaccinale stricte. Cette attitude laxiste est la porte ouverte à l’apparition de nouveaux types de virus, dits recombinants (majoritairement cas d’association des poliovirus avec les entérovirus).
Le Nigéria a suspendu en 2003 les campagnes de vaccination, déclenchant par effet boule de neige une épidémie nationale menaçant les pays frontaliers. Ce gaspillage d’efforts et de temps a un coût financier (US $450 millions pour les vaccins en urgence) et humain (des milliers d’enfants touchés). Ces éléments retardent l’objectif espéré d’éradication de la maladie et d’arrêt de suivi vaccinal, comme ce fut le cas pour la variole en 1980.
Par ailleurs, depuis octobre 2013 des cas de poliomyélite ont été découverts en République arabe syrienne (37 cas au 20 mars 2014); considérant la situation géopolitique actuelle de la région, les mouvements de population nombreux et les conditions d’hygiène précaires, le risque de propagation internationale est sévère, une alerte a donc été lancée par l’OMS pour contrer cette flambée de Poliomyélite au Moyen Orient, véritable « urgence de santé publique de portée globale ». Une opération de riposte d’ampleur considérable se déroule dans ce foyer régional et les recherches de cas isolés vont bon train. A noter tout de même que depuis 1999, plus aucun cas de poliomyélite n’avait été détecté en Syrie.
Ne baissons donc pas la garde, il est de notre devoir de maintenir les efforts des 40 dernières années de lutte contre la poliomyélite.
Sources :
http://www.pasteur.fr/fr/institut-pasteur/presse/fiches-info/poliomyelite
http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs114/fr/
http://www.polioeradication.org/content/publications/TheCase_French.pdf
Les antibiotiques c’est pas automatique… mais c’est bien pratique.
Découvertes au XXème siècle, ces molécules sont responsables du virage sanitaire des 150 dernières années.
Eloignant des populations les grands fléaux infectieux, édifiant les concepts de santé publique et d’hygiène et améliorant l’espérance de vie mondiale on constate à l’heure actuelle de plus en plus de résistances à ces remèdes miracles. L’utilisation massive et répétée des antibiotiques, leur prescription parfois à mauvais escient (dans les cas d’infections virales par exemple) mal suivi (mauvais dosage, automédication, raccourcissement de traitement,…) sont les principales causes de cette résistance grandissante.
En effet, les bactéries menacées par cette arme chimique se sont adaptées et ont élaboré de nouvelles stratégies de défense via des échanges génétiques ou des mutations, tout cela ayant pour conséquence de diminuer l’efficacité médicamenteuse des antibiotiques, voire de conduire au risque d’impasse thérapeutique en supprimant toute action du médicament sur le pathogène.
Les bactéries Multi-Résistantes (BMR) apparaissent en milieu hospitalier mais aussi en ville et se répandent rapidement, au rythme fulgurant de leur division cellulaire. Ces souches font l’objet d’une surveillance aiguë par les autorités (Institut National de Veille Sanitaire pour la France, ou plus généralement l’Organisation Mondiale de la Santé) depuis les années 2000. Un communiqué de presse publié par l’OMS titre d’ailleurs en avril 2014, « la résistance aux antibiotiques: une menace grave d’ampleur mondiale »
Les résistances autrefois peu inquiétantes représentent aujourd’hui un vrai problème de santé publique.
Comme issue à cette situation préoccupante, un appel à la réduction de la consommation d’antibiotiques a été lancé pour lever la pression de sélection exercée sur les bactéries.
De leur côté, les laboratoires et les chercheurs n’épargnent pas leurs efforts pour parvenir de nouveau à distancer les bactéries de nos soucis quotidiens. Pour ce faire, tous les coups sont permis et place à l’originalité. Une équipe américaine de San Diego a eu l’audace de rechercher des solutions au cœur de ce berceau de l’humanité qu’est l’océan, réservoir encore méconnu de faune, de flore et de chimie. Les scientifiques ont ainsi identifié Streptomyces sp., une espèce bactérienne marine, capable de synthétiser l’Anthracimycine. Cet antibiotique n’en est encore qu’aux premiers stades de découverte, mais présente déjà une efficacité in-vitro à l’égard des agents de la maladie du charbon (ou pour les anglophone anthrax, c’est une maladie infectieuse aigüe causée par Bacillus anthracis) et du SARM (Staphylococcus Aureus Resistant à la Méthicilline).
« L’importance de ce travail réside principalement dans la structure unique de l’anthracimycine », indique le directeur de cette étude, William Fenical.
La majorité des antibiotiques actuellement sur le marché ont des structures similaires et sont facilement contrecarrés par les bactéries. « Nous avons besoin de nouveaux antibiotiques performants, c’est-à-dire qui possèdent des structures chimiques totalement différentes de celles répandues aujourd’hui » continue t-il.
Les axes de recherche les plus urgents concernent cependant les entérobactéries productrices de bêta-lactamases à spectre étendu (EBLSE), telles que Escherichia coli ou Klebsiella pneumoniae, mais aussi Acinetobacter baumanii et Pseudomonas aeruginosa du côté des infections nosocomiales ou encore le SARM.
Les initiatives telles que TARA Océan, Pharmacéa et les orientations scientifiques des instituts polaires mondiaux montrent que dans le sillage de l’Anthracimycine, des solutions aux résistances ne tarderont pas à émerger.
Ainsi, l’Anthracimycine n’est qu’un exemple, mais permet aux scientifiques d’ouvrir une écoutille sur le pont de la recherche thérapeutique pour trouver de quoi se protéger et voguer en toute quiétude vers les siècles à venir.
185 millions de personnes sont infectées par l’hépatite C dans le monde et selon l’OMS 350 000 meurent de complications hépatiques. La France quant à elle compte environ 230 000 malades. Le traitement actuel associe l’administration d’interféron-alpha pégylé (PEG-IFN) et de ribavirine. les inconvénients des traitements à base d'IFN sont bien connus (troubles de l’humeur, psychologiques, dérèglement de la thyroïde,…) . Ce traitement est administré dans le cas des infections chroniques lorsque la fibrose hépatique devient importante. L’efficacité globale du traitement atteint 80% dans les cas d’infection par les génotypes 2 ou 3, mais est d’environ 45% dans les cas d’infection par les virus les plus résistants au traitement (génotype 1). En janvier 2014 un nouvel agent antiviral à action directe a reçu son autorisation de mise sur le marché européen: le Sofosbuvir. L’association trithérapique Sofosbuvir-Ribavirine-IFN cible différentes composantes du génome du VHC . Les avantages de ce médicament comprennent une forte barrière à la résistance virale, une durée de traitement plus courte (12 à 24 semaines selon les génotypes), une administration quotidienne, l'absence de restrictions alimentaires, peu d'interactions médicamenteuses cliniquement significatives et l’abandon à prévoir de l’utilisation d’IFN-PEG dans les années à venir (les traitements des génotypes 3 et 2 en sont déjà dépourvus). Il semble que ce soit une véritable révolution dans le monde de d'infectiologie. Avez-vous déjà des retours ? Avez vous déjà prescrit ces nouvelles molécules ? Qu’en pensez vous ? Sources: https://www.pasteur.fr/fr/institut-pasteur/presse/fiches-info/hepatites-virales http://www.sudouest.fr/2014/03/22/hepatite-c-un-traitement-revolutionnaire-mais-hors-de-prix-1500414-4696.php http://www.hepnile.org http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs164/fr/
Un motif de consultation très fréquent en Pédiatrie est celui des douleurs abdominales répétées de l'enfant.Les parents qui ramènent leur enfant en disant "Docteur,mon enfant a tout le temps mal au ventre" Dans 90%,ces douleurs abdominales sont fonctionnelles et sans gravité,mais il ne faut jamais oublier qu'elle peut être organique dans 10% des cas,et qu'il ne faut jamais commettre la hantise de passer à côté d'une appendicite par exemple,qui nécessite un avis médical urgent! Voici les 3 causes les plus fréquentes des douleurs abdominales chez l'enfant: 1/La colite et la constipation chronique:ou il suffit de corriger le régime et prescrire un petit antispasmodique. 2/Les parasitoses intestinales: à traiter facilement par excès sans avoir recours aux investigations. 3/Les causes psychologiques+++(très fréquentes):forcing alimentaire par des parents soucieux que leur enfant ne mange pas assez,problèmes familiaux ou difficultés scolaires!
Une étude menée aux États-Unis a démontré qu’une forte consommation de caféine favorise l’apparition d’un glaucome et conseille de consommer par exemple moins de café afin d'éviter le risque de développer un glaucome ou de perdre la vue. Selon cette étude, une forte consommation de café contenant de la caféine augmente le risque de développer un glaucome pseudoexfoliatif (PEX), car cela favorise les dépôts dans l’humeur aqueuse de l’oeil. Dans le cadre de cette étude, 100000 personnes âgées au minimum de 40 ans, ne présentant pas de glaucome et ayant bénéficié d’un suivi médical régulier entre 1986 et 2008 ont été auscultées. A l’aide d’un questionnaire, la consommation quotidienne de café sur plusieurs années a également été renseignée. A l’issue de cette étude, on peut affirmer que les sujets consommant quotidiennement trois tasses de café présentent un risque plus important que les patients ne consommant pas de café. Les autres boissons contenant de la caféine ne présentent pas cette même évolution des risques. En Scandinavie, là où la consommation de café est une des plus importantes au monde, le taux de glaucomes pseudoexfoliatifs est également très haut. Des informations qui confirment les résultats de cette étude. Et vous, que pensez-vous de ces résultats? Buvez- vous encore votre café le matin en toute quiétude ou bien est-ce que ces résultats vous ont refroidi?