Vers un vaccin contre le paludisme grâce au Service de santé des armées

Une médecin du SSA a été distinguée par l’Académie nationale de médecine. Ses travaux portent sur le développement d'un vaccin contre le paludisme. C'est un enjeu fort pour les populations et les forces armées, notamment face à une forme de la maladie moins connue et très retorse : P.vivax.

La médecin en chef Marie Mura, infectiologue et chercheuse à l’Institut de recherche biomédicale des armées (IRBA) a été distinguée par l’Académie nationale de médecine le 17 décembre dernier.

Ses travaux portent sur la caractérisation des génomes défectifs de la plateforme vaccinale rougeole et l’intérêt qu’ils présentent pour le développement d’un vaccin antipaludique. Menés en collaboration avec l'Institut Pasteur, ils visent à développer une stratégie vaccinale antipaludique en utilisant le virus de la rougeole.

« L’essor de la génétique inverse a permis le développement du vaccin contre la rougeole comme vecteur vaccinal et ouvre de nouvelles perspectives pour la prévention d’autres maladies comme le paludisme. Cette maladie tropicale redoutable, pour laquelle aucun vaccin n’est disponible, cause près d’un million de victimes par an »1, explique le Service de santé des armées.

La mise au point d’un vaccin contre le paludisme serait une avancée majeure pour les civils, mais aussi pour les militaires en opérations. Ceux-ci, généralement déployés pendant 4 à 6 mois, bénéficient d'une immunité moindre que la population autochtone exposée depuis longtemps. Ils sont également beaucoup vulnérables que des voyageurs effectuant de courts séjours dans les zones à risque. 237 militaires ont été contaminé dans la jungle entre 2013 et 2015.

P.vivax, la nouvelle menace

Par ailleurs, les traitements préventifs sont essentiellement tournés contre Plasmodium falciparum, responsable d’une majorité de cas en Afrique. Or, des cas de plus en plus sévères de malaria à Plasmodium vivax sont recensés dans les pays endémiques 2, dont la Guyane (où sont stationnées des troupes françaises).

Une étude3 publiée en 2010 alertait sur les risques liés à P.vivax, « cliniquement moins bénin que ce que l'on croit généralement » et plus largement répandu que P. falciparum. Les résultats de cette étude montraient que 2,85 milliards de personnes avaient été exposées à un risque de transmission en 2009. En 2015, P. vivax a été responsable de 13,8 millions de cas (soit 6% des cas de malaria dans le monde), essentiellement en Asie, Asie du Sud-Est, Amérique du Sud et dans la région du Pacifique occidental 2.

Les espèces d’anophèles qui véhiculent P.vivax sont actives en début de soirée et à l’extérieur. Elles résistent donc aux méthodes de prévention habituelles (moustiquaires traitées et pulvérisation d’insecticide à l’intérieur des habitations). Par ailleurs, le parasite est capable de survivre à de plus hautes altitudes et à des températures plus basses.

Enfin, le diagnostic est plus difficile. Les tests rapides usuels sont moins sensibles. Surtout, le parasite survit même lorsque le vecteur n’est pas présent, or il n'existe aucun test pour détecter ces formes dormantes intra-hépatocytaires 2  (hypnozoïtes). Ces dernières - qui n'existent pas pour P. falciparum - sont responsables d'accès de reviviscence qui peuvent survenir après des mois ou des années. Elles ne sont pas éliminées par les traitements utilisés uniquement pendant les crises. 


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Sources :
1- Communiqué de presse du ministère des Armées
2- Plasmodium vivax, un parasite qui sort de l’ombre
Andrea Allgower, W. Robert Taylor, François Chappuis, Gilles Eperon
Rev Med Suisse 2016; volume 12. 876-881
https://www.revmed.ch/RMS/2016/RMS-N-517/Plasmodium-vivax-un-parasite-qui-sort-de-l-ombre
3- The International Limits and Population at Risk of Plasmodium vivax Transmission in 2009
Published: August 3, 2010
https://doi.org/10.1371/journal.pntd.0000774
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