Traumatisme craniocérébral : le xénon peut limiter les dommages secondaires

Une première étude au long cours sur un modèle murin suggère des avantages durables de la thérapie au gaz xénon chez les patients victimes d’un traumatisme craniocérébral.

Le traitement au xénon peu de temps après le traumatisme craniocérébral (TCC) réduit la destruction des cellules neuronales ainsi que la neuroinflammation chronique, et améliore la survie et, par la suite, la fonction cognitive.

Dans les pays développés les TCC sont la principale cause de décès et d'invalidité chez les moins de 45 ans. En Europe, environ 7,7 millions de personnes sont devenues handicapées suite à un TCC1. Les blessures primaires résultant de l’impact (lors d’une chute ou d’un accident de la circulation) sont suivies de dommages secondaires qui se développent dans les minutes, les heures et les jours suivants.

Le xénon, l’un des gaz « nobles » possède des propriétés neuroprotectrices qui peuvent améliorer le pronostic à court et à long terme après un TCC. C'est la conclusion d'une étude publiée fin mai 2019 dans le British Journal of Anaesthesia, pour laquelle 72 souris ont été traitées au xénon (75% Xe : 25% O2) ou au gaz témoin (75% N2 : 25% O2) après un traumatisme cérébral contrôlé.2,3

Le xénon prévient la mort précoce des souris après le TCC, protège les tissus cérébraux et améliore les performances cognitives à long terme.

Le xénon a réduit de façon significative les séquelles du TCC (p < 0,05), amélioré la fonction vestibulomotrice à court terme (p < 0,01) et protégé contre les déficits de mémoire persistants. Elle a également réduit la perte de substance blanche dans le corps calleux controlatéral et la perte de cellules nerveuses dans l'hippocampe controlatéral (les deux après 20 mois).

Si l'on survit à un TCC, les dommages à long terme constituent un problème majeur. De nombreux patients restent handicapés à vie et sont clairement limités dans leur capacité à travailler ou à se réinsérer socialement.

Le TCC qui survient tôt dans la vie accroît le risque de développement ultérieur d'un dysfonctionnement cognitif, de la maladie d'Alzheimer ou d'autres maladies neurodégénératives. Le risque de décès est également fortement augmenté : une étude d'observation au long cours a montré qu’après un TCC le risque de décès chez les 15-54 ans était multiplié par sept, jusqu'à 13 ans après l'événement.4

Le xénon a montré des effets neuroprotecteurs à long terme à cet égard. Le traitement a été associé à une diminution significative de la neuroinflammation dans les multiples régions du cerveau associées à la mémoire associative (p < 0,05) et à une diminution de la prolifération des microglies.

De plus, la survie des souris traitées au xénon a été significativement améliorée (p < 0,05 jusqu'à 12 mois après la blessure).

Conclusion

Il n'existe actuellement aucun traitement médicamenteux spécifique pour les patients victime d’un TCC. Le traitement consiste en des soins de support et de réadaptation. La Dre Rita Campos-Pires, de  l'Imperial College de Londres est la première auteure de l’étude. Elle déclare : « Il existe actuellement une grande lacune dans les thérapies que nous pouvons offrir aux patients victimes d’un traumatisme crâniocérébral, traumatisme qui peut affecter tous les aspects d’une existence. Bien que l’emploi du xénon suite à un TCC n'ait pas encore été étudié chez l'homme, nos résultats élargissent le corpus croissant de preuves qu'il pourrait être utilisé pour prévenir les dommages secondaires après un traumatisme crânien. »

Le xénon est déjà utilisé chez l'homme pour l'anesthésie générale. Il a peu d'effets secondaires et pourrait facilement être administré soit par inhalation soit par ventilation mécanique. La Dre Rita Campos-Pires ajoute : « Le xénon semble agir par diverses voies, mais parmi les mécanismes les plus probables - qui pourraient expliquer ses effets protecteurs sur les tissus cérébraux - se trouve l'inhibition des récepteurs NMDA, devenus trop actifs après une lésion cérébrale. »

Considérant la relative innocuité du xénon et les résultats de la présente étude, les chercheurs espèrent être rapidement en mesure d'étudier l'efficacité du xénon chez des personnes victimes de TCC.3

Références :
1. Tagliaferri, F., Compagnone, C., Korsic, M., Servadei, F. & Kraus, J. A systematic review of brain injury epidemiology in Europe. Acta Neurochir (Wien) 148, 255–268; discussion 268 (2006).
2. Campos-Pires, R. et al. Xenon improves long-term cognitive function, reduces neuronal loss and chronic neuroinflammation, and improves survival after traumatic brain injury in mice. Br J Anaesth (2019). doi:10.1016/j.bja.2019.02.032
3. Head injury effects halted by xenon gas, finds first ever life-long study in mice. ScienceDaily Available at: https://www.sciencedaily.com/releases/2019/05/190521075057.htm. (Accessed: 4th June 2019)
4. McMillan, T. M., Teasdale, G. M., Weir, C. J. & Stewart, E. Death after head injury: the 13 year outcome of a case control study. J. Neurol. Neurosurg. Psychiatry 82, 931–935 (2011).

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