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Ce que cache le reste à charge zéro, par B. Kron

Alors qu’Agnès Buzyn continue les négociations avec les acteurs de la santé, le docteur Bernard Kron s’interroge sur la réelle nécessité du reste à charge zéro.

Alors qu’Agnès Buzyn continue les négociations avec les acteurs de la santé, le docteur Bernard Kron s’interroge sur la réelle nécessité du reste à charge zéro.

Madame la ministre le problème du renoncement aux soins et du reste à charge zéro ne sont pas liés !

Avec le reste à charge zéro, vous essayez de respecter des engagements de campagne d’Emanuel Macron », mais sans en avoir les moyens. Tout le système doit être repensé, car il est à bout de souffle.

Nous avons aujourd’hui la couverture du risque santé la plus large du monde, tout en étant de mauvaise qualité comme le démontre la désertification.

Vous héritez d’une problématique cruciale de santé publique, creusée par 40 ans de choix politiques affectant prioritairement les ressources à l’Hôpital, au détriment des soignants de proximité. 

Vous avez été trop longtemps à des postes hospitaliers ou administratifs et ne connaissez pas la médecine libérale de la ville ou des campagnes.

Vos conseillers ont été repris chez les « Kouchner boys » et dans l’ancienne équipe Touraine, ils sont responsables des dérives du passé !

Quel est l’enjeu financier ?

L’Assurance-maladie gère chaque année un budget de 200Mds €. Elle a laissé ces trois secteurs aux assureurs pour se concentrer sur les pathologies chroniques qui consomment les ¾ du budget.

Ils augmentent de 5%/an pour financer l’ALD, AME, CMU.

La situation actuelle : Dix euros de remboursements sur des verres de lunettes facturés 300 à 500 euros CHAQUE et 107 euros sur une prothèse dentaire ou un implant facturé de 700 à 1500 euros :

L’enveloppe annuelle  des complémentaires est de 35 Mds € dont 26 sont consacrés aux remboursements systématiques du ticket modérateur  alors qu’il s’agit d’une dépense prévisible et sans risque.

Sur les 15 milliards d’euros annuels de frais d’optique ou dentaires et de dépassements d’honoraires de l’ensemble des soignants elles n’en remboursent  que 7 milliards.

Le reste à charge zéro pourrait-il empêcher le renoncement aux soins ?

On se trompe d’objectif. La France est le seul pays au monde à viser un reste à charge nul sur des soins courants. Cela n’a aucun fondement économique ou social et c’est très coûteux.

Tout le monde peut se payer des lunettes. La vraie difficulté d’accès aux soins est à la ville et dans les déserts. Il manque pour la ville une  somme de 20 milliards d’euros par an : c’est dans le privé ou l’accès aux soins est difficile !

Faut-il réellement un reste à charge zéro ?

Rembourser à 100 % entraine des dépenses inutiles et déresponsabilise les malades qui vont de plus en plus à l’hôpital où les soins coutent en moyenne 40 % de plus.

L’hôpital, fort de son pouvoir d’influence obtient toujours plus des ressources pendant que la médecine de proximité disparaît silencieusement. La part consacrée aux soins de proximité est passée chez nous de 27,2 % en 2000 à 22,7 % en 2015.

Comment pourrait-on arriver à un reste à charge 0 ?

Il faudra sacrifier d’autres secteurs ou augmenter les cotisations.

Des économies sont aussi possibles en réformant tout le système de soins :

1) Ticket modérateur :

Le ticket modérateur devrait être laissé partiellement à la charge des patients. Son montant pourrait être abaissé, par exemple à 20 % du tarif de base d’une consultation médicale, contre 30 % aujourd’hui. Les milliards ainsi économisés permettraient aux complémentaires d’assurer le risque véritable :

2) Les hôpitaux 

Une part disproportionnée, des dépenses de santé vont à l’Hôpital au détriment des soins de proximités : la part des dépenses communes de santé consacrée à l’hôpital a dépassé 40 % et croit régulièrement  alors qu’elle est de 29 % en Allemagne.

3) Les soins inutiles, peu utiles ou redondants

Plus de 25 % des actes médicaux ne seraient pas considérés comme « pleinement justifiés » examens de laboratoires, cures thermales et certains actes d’exploration ou interventionnels induits en particulier par la T2A ou tarification à l’activité.

Exemples typiques  : le « Scanner d’attente" ou les prises de sang tous les deux jours pour justifier l’hospitalisation d’une semaine à l’hôpital dans l’attente d’une intervention chirurgicale ou ré-hospitalisation après chirurgie ambulatoire. Les EIG (évènements indésirables graves) font partie de ces dépenses évitables.

Ou se trouvent les vraies difficultés d’accès aux soins ?

En libéral, car les jeunes médecins après des études longues et difficiles jugent les conditions d’installation intenables. Seuls 10 % d’entre eux s’installent en libéral ou font des remplacements ou prennent un poste salarié.

Les médecins généralistes et spécialistes partant en retraite ne sont donc plus remplacés, et leurs cabinets ferment. Chez ceux qui restent, les délais de rendez-vous s’allongent et le burn-out les menace !

Cette disparition progressive des soins de proximité touche maintenant les zones urbaines après la ruralité que la télémédecine ou les maisons de santé ne pourraient régler qu’au cas par cas.

Telle est la vérité que je développe sur Sud Radio avec André Bercoff et dans la revue « L’Internat de Paris ».