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Quand le monde politique détruit le meilleur système de santé du monde - partie 1

De la première place des pays de l’OCDE la France est passée à la 14e place en moins de 20 ans. La faute à nos politiques, qui peinent à lutter contre des défis sanitaires qui ne cessent d'amplifier. Première partie de ce nouvel édito de Bernard Kron.

« La politique ne consiste pas à faire taire les problèmes, mais à faire taire ceux qui les posent. » disait Henri Queuille.

De la première place des pays de l’OCDE la France est passée à la 14e place en moins de 20 ans.

Faire taire les médecins qui dénonçaient cette dérive, c’est ce qu’ont voulu faire tous les gouvernements depuis 1974, car il y a toujours un décalage entre les décisions et leurs conséquences. 

Ce fut le cas avec Jacques Barrot tant en 1980 sous VGE, qu’en 1995 lors de son retour aux affaires avec Alain Juppé. 

Autre exemple, celui de Léon Schwarzenberg qui sera ministre de la Santé en 1988 dans le premier gouvernement de Michel Rocard. Il devra démissionner 9 jours plus tard pour avoir proposé un dépistage systématique du sida chez les femmes enceintes et avoir pris position en faveur de la mise en vente libre de la drogue, sous le contrôle de l’État. Son franc parlé l’a fait « renvoyer à ses études. »

Plus modestement j’avais tenté avec quelques confrères, mais hélas vainement, de faire bouger les lignes devant le déficit chronique de la Sécurité Sociale et la méfiance des élus envers la médecine libérale en 2007 en créant le Comité « Santé et Modernité » en soutien à Nicolas Sarkozy, « Santé et Modernité » avec Christian Cabrol et quelques grandes figures de la médecine, quelle erreur !

Cette réunion avait été suivie par une publication sur la santé intitulée « idées et recommandations ». Elle reposait sur l’idée de rupture : selon nous, seule une simplification administrative permettrait à terme d’équilibrer les comptes sociaux tout en maintenant une médecine de qualité dans le cadre d’un libéralisme humain. Nous avons attendu en vain ce tournant libéral. Les deux tiers des médecins libéraux se sont alors détournés de Nicolas Sarkozy. 

Il s’est laissé enfermer par les dogmes de Xavier Bertrand, Roseline Bachelot et les six conseillers énarques de la promotion Valmy. Ceux-ci étaient à l’époque « aux manettes » au Pôle Social de l’Élysée, ils sont restés imperméables à toutes ces propositions et a continué de tracer le sillon de l’alternance socialiste.

Sous François Hollande la socialisation s’est accélérée avec Marisol Touraine et les lois santé de 2016.

Nicolas Sarkozy avait annoncé avec force son retour et déclarait avoir compris ses erreurs. François Fillon avait fait de même, déclarant vouloir réformer au plus vite, Alain Juppé préférant annoncer qu’il allait prendre le temps.

L’échec aux élections présidentielles de 2017 ne le permettra pas !

Les décisions prises lors de la nouvelle législature ne vont pas dans ce sens, car les Conseillers du passé sont toujours aux manettes !

L’état n’a pourtant pas les capacités financières de mener à bien son projet de socialisation et d’étatisation de la médecine, mais il l’a  mis en « marche ».

« Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l’épargne.

Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort.

Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l’employeur.

Vous ne pouvez pas favoriser la fraternité humaine en encourageant la lutte des classes. »

                                                Abraham Lincoln

Notre système de santé repose sur les fondements philosophiques hérités du siècle des Lumières. Tels Sisyphe et son rocher, l’action sociale répond toujours insuffisamment à des défis qui ne cessent de s’amplifier et après avoir essayé de la monter redescend irrémédiablement la pente.

« Le non-respect du droit de certains est acceptable s’il sert l’intérêt de la majorité ». Ce n’est pas le cas pour la politique de santé qui n’apporte de progrès ni pour les praticiens, ni pour le confort des malades, ni pour l’équilibre des comptes.

Retrouvez les écrits du Dr. Bernard Kron, dans son ouvrage, Chirurgie chronique d’une mort programmée (Éditions L’Harmattan).