Combattre les phobies grâce à la réalité virtuelle ?

Depuis 2012, le Docteur Éric Malbos, médecin praticien en service de psychiatrie, a fait de la réalité virtuelle une des facettes du traitement de la claustrophobie, de l’agoraphobie ou de la peur de conduire. Les patients ayant recours à la réalité virtuelle ont, dans un premier temps, des séances communes à toute thérapie comportementale

Depuis 2012, le Docteur Éric Malbos, médecin praticien en service de psychiatrie, a fait de la réalité virtuelle une des facettes du traitement de la claustrophobie, de l’agoraphobie ou de la peur de conduire.

Les patients ayant recours à la réalité virtuelle ont, dans un premier temps, des séances communes à toute thérapie comportementale et cognitive, destinées à leur donner des moyens de modifier des comportements qui leur gâchent la vie. Ensuite ils doivent affronter de manière virtuelle les situations à l’origine de leur phobie. Le médecin quant à lui contrôle le monde virtuel auquel est confronté le patient. Au programme, métro ou cinéma pour un agoraphobe, parking souterrain ou ascenseur pour un claustrophobe, passerelle en hauteur pour les victimes du vertige.

Le Dr Malbos explique: “On veut que le patient soit anxieux mais l’exposition doit être progressive”. En enfilant un casque et en acceptant de pénétrer dans un monde virtuel, les patients acceptent de se sentir tétanisés face à des situations qui sont pourtant totalement iréelles.

Par ailleurs, selon le Dr. Malbos, “Le taux d’échec est vraiment bas: ceux qui seront en échec sont ceux qui ne vont pas s’entraîner seuls après la séance”. Il ajoute que “Peu de psychiatres sont au courant, et il y a aussi des problèmes d’accessibilité aux technologies”. En effet, un des casques utilisé vaut 10.000 euros et la technique pâtit aussi pour l’instant du manque de logiciels très récents pour mettre en situation les patients. Eric Malbos développe lui-même celui qu’il utilise à partir de moteurs graphiques de jeux vidéo. Mais la situation devrait bientôt s’améliorer et permettre que les patients puissent utiliser chez eux la méthode avec l’arrivée de logiciels, dont un développé par une société de Sanary-sur-Mer (Var).

La méthode est aussi adaptable à d’autres peurs, telles que la peur de prendre l’avion ou celle de conduire. Et même les fumeurs qui souhaiteraient se sevrer, peuvent d’après le Dr. Malbos se plonger dans des situations “qui déclenchent une irrésistible envie de fumer”: soirée entre amis dans un bar, déjeuner en terrasse. Il prévoit aussi de l’utiliser pour traiter des syndromes de stress post-traumatique chez des soldats de retour d’Afghanistan.

Texte : AFP / pg

Crédits photo : Aleksandra Suzi / shutterstock.com