Existe-t-il un lien entre pesticides et autisme ?

La prévalence de l’autisme est en hausse. Vraie épidémie ou inclusion diagnostic plus large ? Rien qu’aux États-Unis, un enfant sur 68 souffre de troubles du spectre autistiques (TSA), un chiffre en augmentation de 30% par rapport à 2012. L’Inserm définit l’autisme comme un « trouble envahissant du développement qui apparaît précocement au cours

La prévalence de l’autisme est en hausse. Vraie épidémie ou inclusion diagnostic plus large ? Rien qu’aux États-Unis, un enfant sur 68 souffre de troubles du spectre autistiques (TSA), un chiffre en augmentation de 30% par rapport à 2012. L’Inserm définit l’autisme comme un « trouble envahissant du développement qui apparaît précocement au cours de l’enfance et persiste à l’âge adulte », caractérisé par des difficultés de socialisation, de communication ou du comportement. En France, ce trouble concerne une naissance sur 150.

Un lien avec les pesticides évoqué

Une étude a été publiée en 2014 dans Environnemental Health. Dirigée par des chercheurs de l’Université de Californie à Davis, elle met en évidence le lien des troubles du développement neuronal et du spectre autistique chez des enfants dont les mères ont été exposées aux pesticides durant la grossesse. Une femme enceinte vivant à proximité d’une ferme épandant des pesticides aurait un risque 66% plus élevé de voir son enfant développer cette maladie.

Une explication à ce phénomène est que le cerveau du foetus est très fragile, notamment au deuxième et troisième trimestre de gestation, là où le développement neuronal est le plus important. « Nous savions déjà que les produits chimiques pouvaient avoir un impact important sur le développement du foetus, mais là, c’est un travail particulièrement sérieux qui ne prête guère le flanc aux critiques » commente le Pr. Yehezkel Ben-Ari, directeur de recherche émérite à l’Inserm.

Une chercheuse américaine au MIT, Dr. Stephanie Seneff met de son côté en garde contre le glyphosate, un désherbant commercialisé par l’entreprise américaine Monsanto (le fameux Roundup), qui favoriserait, selon elle, l’autisme. Ce produit, déjà classé « cancérigène probable » (bien qu’il existe des conclusions divergentes) est interdit en France à la vente aux particuliers depuis le 1er janvier 2016, mais il continue pour le moment à être commercialisé aux professionnels agricoles.

Les causes de l’autisme largement méconnues

L’autisme est en partie lié à des facteurs génétiques. Plusieurs gènes sont impliqués, par exemple CHD8, SNC2A et KATNAL2. Cependant, ces facteurs n’expliquent pas tout : le rôle de l’environnement est essentiel. D’après une étude datée de mai 2014 et publiée dans The Journal of the American Medical Association (doi:10.1001/jama.2014.4144), les facteurs environnementaux influeraient autant que les risques génétiques, de l’ordre de 50% chacun. Cette étude portait sur plus de deux millions d’enfants suédois nés entre 1982 et 2006. Elle remet en cause l’idée désuète que les gènes comptaient pour 90% des causes de TSA.

Les pesticides organophosphates et organochlorés, les polychlorobiphényles (PCB) et les perturbateurs endocriniens sont particulièrement mises en cause dans le trouble du développement neurologique aboutissant aux troubles autistiques. Une étude de 2012 dirigée par le Pr. Philip Landrigan (doi:  10.1289/ehp.1104285) s’est intéressée aux différentes causes environnementales. En plus de ceux précédemment cités, le plomb, le méthylmercure, les polluants automobiles, les hydrocarbures polycycliques aromatiques, les agents ignifuges bromés et les composés perfluorés sont des polluants neurotoxiques manifestement impliqués dans le développements des TSA.

Vers une modération de l’usage des pesticides ?

L’utilisation massive de pesticides dans l’agriculture a déjà été maintes fois remise en question pour son risque cancérigène et reprotoxique, créant un nouvel enjeu de santé publique. Les six leaders mondiaux, qui se partagent aujourd’hui le marché des « produits de protection de la plante », minimisent quasi systématiquement les conséquences sanitaires de leurs produits.

Plusieurs molécules, bien qu’interdites en France, persistent dans les sols, voire les nappes phréatiques et engendrent chaque année d’importants coûts de dépollution. Si les pesticides peuvent s’avérer nécessaires au rendement agricole, il apparaît néanmoins urgent de réduire leur impact environnemental et sanitaire, en diminuant leur utilisation et en encourageant les alternatives.

Le ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, s’est engagé dans ce sens à une réduction de 50% des produits phytosanitaires d’ici à 2025. Un pari ambitieux quand on sait l’utilisation des produits chimiques agricoles est en hausse de 5% par an en moyenne entre 2009 et 2013.

Texte : esanum / sb

Photo : Zurijeta / Shutterstock

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