L’hiver et son lot de maladies, conseils pour rester en bonne santé.

Chaque hiver, Noël apporte son lot de cadeaux… et de maladies: les pathologies et les motifs de consultation en général semblent avoir des affinités particulières avec les saisons. La fréquentation des urgences augmente au moment des fêtes (Noël et Saint Sylvestre) : on enregistre une augmentation

Chaque hiver, Noël apporte son lot de cadeaux… et de maladies: les pathologies et les motifs de consultation en général semblent avoir des affinités particulières avec les saisons. La fréquentation des urgences augmente au moment des fêtes (Noël et Saint Sylvestre) : on enregistre une augmentation de l’activité d’environ 20%. Quelles sont les pathologies typiques de la période de Noël et pourquoi  augmentent-elles à cette période?

Globalement, il existe une surmortalité hivernale systématique. La mortalité hivernale est environ 8 fois plus élevée que la mortalité estivale (hormis les étés caniculaires particulièrement meurtriers…). Une étude a montré que de 1976 à 2006, cette augmentation est restée à peu près stable. L’effet « grand froid » consiste en la hausse des issues fatales dans les cas de maladies respiratoires et cardiovasculaires, après une période de très faibles températures.  En 2004,l’INVS a publié qu’en janvier 1985, « la France a connu une vague de froid sans précédent ayant entraîné une surmortalité importante (+13 %), principalement par infarctus du myocarde (+17 %), par accidents vasculaires cérébraux (+54 %) et par pneumonies (+208 %). » Mais le froid n’explique pas tout : une réelle corrélation linéaire entre température hivernale moyenne et nombre moyen de décès chaque mois n’est pas démontrée. Aussi, un hiver particulièrement froid n’engendre pas toujours une plus forte mortalité.

On peut évoquer plusieurs raisons pour expliquer les effets du froid sur la santé. Dans un premier temps, les températures basses entraînent une vasoconstriction des vaisseaux. Cette réponse de l’organisme est physiologique maispeut avoir des conséquences pathologiques lorsque les vaisseaux i présentent des lésions. En particulier, si ces derniers, par exemple les coronaires, sont sténosés, la vasoconstriction peut donner une crise d’angor voire même provoquer un infarctus du myocarde. Une étude britannique a montré en 2010 qu’une diminution d’un degré Celsius de la température journalière moyenne était associée à une augmentation cumulée du risque d’infarctus myocardique de 2% dans les 28 jours suivants.

Mais en hiver il n’y a pas que le froid, il y a aussi une diminution de la luminosité solaire et donc une production réduite de vitamine D. Cette vitamine est pourtant protectrice contre les maladies cardiaques. On peut aussi noter que l’activité sportive a tendance à diminuer en fin d’année et l’alimentation devient plus riche, en graisse notamment. C’est sûrement la combinaison de tous ces éléments qui aboutit au surcroît d’accidents cardiaques.

D’autres facteurs contribuent à véhiculer plus facilement les maladies saisonnières: en hiver, la population a tendance à se confiner dans les endroits publics chauffés et souvent insuffisamment aérés favorisant  ainsi la transmission interindividuelle des germes. L’inhalation d’air froid peut aussi irriter les muqueuses et les rendre plus vulnérables aux micro-organismes circulants. Par ailleurs, le froid a un effet ralentisseur sur les déplacements cellulaires et notamment les cellules du système immunitaire réagissent plus lentement et laissent donc un plus grand laps de temps aux virus pour se développer. L’hiver est connu pour être la saison des angines, bronchites, gastro-entérites, rhumes mais aussi… des épidémies grippales. Et comme en médecine tout est lié : la grippe favorise les infarctus ! Une meilleure couverture vaccinale contre la grippe réduirait significativement la survenue d’infarctus.

Lors des grands froids, il faut prêter attention aux personnes vivant dans la rue ou dans des logements insalubres ainsi qu’aux sujets plus sensibles à la température (nourrissons et personnes âgées). Les cas d’hypothermie (température corporelle inférieure à 35°) sont plus fréquents en hiver et en particulier chez les consommateurs de substances altérant la conscience et la thermoception (drogues ou alcool).

Un autre événement accidentel plus souvent rencontré en hiver est l’intoxication au monoxyde de carbone. Elle est souvent due à un système de chauffage défaillant dans un lieu mal ventilé. Il s’agit de la première cause de mortalité accidentelle par toxique en France. En hiver le nombre de signalements d’intoxications est entre 150 et 200 par mois, en été il est inférieur à 50.

Durant l’hiver, des dépressions saisonnières apparaissent. La baisse de la luminosité entraîne une baisse de la production de sérotonine et une persistance de sécrétion de mélatonine, l’hormone du sommeil, ce qui peut contribuer à maintenir un état léthargique associé à la dépression . La fin de l’année est aussi souvent une source de stress, les repas de famille ne sont pas synonymes de convivialité pour tout le monde. Malgré tout, ces dépressions sont plutôt passagères et peu profondes. En effet, contrairement à ce que l’on pourrait penser, le nombre de suicides est plus bas en hiver qu’en été : il atteint même sa minimale annuelle. Les fêtes de famille, même si l’enthousiasme n’est pas toujours là, sont des moments de vie sociale importants. Ces relations familiales constituent un soutien, même si la personne est dépressive. Rencontrer des gens, échanger avec eux, se sentir entouré est une thérapie efficace.

Voici quelques conseils divers pour éviter tous ces désagréments hivernaux :

-effectuer un lavage des mains soigneux et fréquent au cours de la journée

-aérer les espaces clos dès que possible

-effectuer les vaccinations recommandées (contre la grippe notamment)

-suivre des séances de luminothérapies pour pallier le manque de luminosité

-bien se couvrir lors des sorties en extérieur par basse température (notamment porter un chapeau et des gants)

Enfin, le comble serait d’avoir le Syndrome de Noël (ou Syndrome de Reiter) le soir de Noël. Il s’agit d’une affection débutant par des douleurs intestinales suivies d’une diarrhée, puis d’une urétrite 2 à 3 semaines plus tard. Il s’accompagne d’une conjonctivite mais surtout d’une polyarthrite douloureuse avec fièvre et amyotrophie. Les symptômes régressent après 3 ou 4 mois ponctués par des poussées. Le diagnostic est confirmé par la présence de germe (du genre chlamydia) au niveau des tissus conjonctifs, de l’urètre ou de la peau. La contamination s’effectue par voie urogénitale ou gastro-intestinale. Les hommes et les individus positifs pour le HLA-B27 présentent une susceptibilité particulière.

Mais il ne faut pas se laisser perturber par toutes ces pathologies hivernales (ou qui n’ont d’hivernal que le nom)… Profitons des fêtes pour apprécier un bon repas, en faisant tout de même attention à la fraîcheur des produits : une Toxi-Infection Alimentaire Collective est si vite arrivée … et en ouvrant les huîtres avec précaution: les coupures sont si fréquentes aux urgences le soir de Noël !

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