Les Syndromes de Waardenburg (WS)

Ce sont des syndromes de malformations oculo-dermato-auditives congénitaux décrits et individualisés pour la première fois par l’ophtalmologue généticien Dr. Waardenburg en 1951. Ils sont dus à une mutation du gène PAX 3 sur le chromosome 2 dont la mise en évidence constitue le diagnostic biologique. La transmission se fait selon un mode a

Ce sont des syndromes de malformations oculo-dermato-auditives congénitaux décrits et individualisés pour la première fois par l’ophtalmologue généticien Dr. Waardenburg en 1951. Ils sont dus à une mutation du gène PAX 3 sur le chromosome 2 dont la mise en évidence constitue le diagnostic biologique. La transmission se fait selon un mode autosomique dominant. Les patients atteints du syndrome sont hétérozygotes, les formes homozygotes conduisent à la mort du fœtus. L’incidence est de 1/ 270 000 naissances et la prévalence de 1 à 9 pour 100 000.

Ils se caractérisent principalement par une surdité de perception et des anomalies de la pigmentation. Selon Orphanet, le WS de type 1 est l’association clinique d’au moins 2 critères majeurs ou d’un critère majeur et de 2 critères mineurs. Les chiffres entre parenthèses sont des approximations de la pénétrance des signes, même si c’est très variable selon les auteurs :

Les critères majeurs sont :

Les critères mineurs sont :

Selon OMIM, le WS de type 2 se distingue du type 1 par l’absence de dystopie des canthi. Le type 3 (ou syndrome de Klein-Waardenburg) présente aussi la dystopie des canthi avec en plus des anomalies du membre supérieur (comme une hypoplasie du système musculo-squelettique, des contractures en flexion, des fusions des os du carpe, des syndactylies). Quant au type 4, il s’agit du Syndrome de Waardenburg-Shah qui est une combinaison du WS avec la maladie de Hirschsprung, contrairement aux autres la transmission est autosomique récessive.

Quels sont les mécanismes génétiques à l’origine des Syndromes de Waardenburg?

Les types 1 et 3 sont en fait des variants alléliques : 80% des types 1 sont dus à des mutations du gène PAX 3 au locus 2q35, alors que dans les types 3 le gène est souvent délété ainsi que les gènes voisins (syndrome des gènes contigus) ou il est muté à l’état homozygote. Le rôle de PAX3 a été mis en évidence chez la souris : il s’exprime dans les cellules embryonnaires précurseuses de la crête neurale, du mésoderme cranio-facial et du mésenchyme des membres. Actuellement 40 mutations de ce gène ont été décrites dans ce syndrome.

Les types 2 et 4 sont deux entités distinctes. 20% des WS de type2 sont dus à des mutations du gène MITF (microphtalmia associated transcription factor) localisé en 3p12 codant pour une enzyme de la mélanogénèse. Dans l’œil, il semble agir comme un régulateur de la prolifération cellulaire.

Les signes cliniques seraient donc dus à un défaut de migration des mélanoblastes ou à un défaut de leur développement lorsqu’ils ont atteint leur cible. Aux vues de la variabilité phénotypique du syndrome, l’influence de facteurs environnementaux ou d’autres gènes modificateurs est suspectée.

Comment prendre en charge le syndrome de Waardenburg ?

L’élément le plus grave est la surdité congénitale par agénésie de l’organe de Corti à des degrés variables. Elle peut être uni ou bilatérale s’accompagnant alors d’une mutité. La pénétrance du symptôme est de 20 à 67% dans les WS de type 1 contre 50 à 87% dans les types 2. Un diagnostic précoce permet un appareillage adapté pour palier rapidement la surdité.

Concernant la dystopie des canthi un traitement chirurgical est possible mais sa visée est plus esthétique que fonctionnelle. Il faut alors raccourcir le faisceau antérieur du tendon canthal interne ce qui se fait facilement par voie cutanée. Pour une canthopexie interne plus importante, la voie transnasale doit être employée .

Une photoprotection des yeux et de la peau est recommandée du fait des dépigmentations.

Lorsque le diagnostic est posé il faut rechercher la surdité neurosensorielle, les anomalies musculo-squelettiques et une éventuelle maladie de Hirschsprung.

Ce syndrome rare implique donc de nombreux praticiens : ophtalmologistes, pédiatres, oto-rhino-laryngologistes mais surtout le généticien qui se doit de mieux connaître les mutations spécifiques pouvant se révéler utiles dans d’autres maladies également par exemple.


Journée mondiale des maladies rares.

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