Le thé vert joue-t-il un rôle anti-tumoral ?

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Boire une tasse de thé paraît être une geste tout à fait anodin, et pourtant, il pourrait bien être salvateur d’un grand nombre de maladies chroniques.

Le thé est après l’eau la boisson la plus bue au monde. Sa consommation a beaucoup augmenté ces deux dernières décennies; chaque année près de 5 millions de tonnes de thé sont écoulés dans le monde. Le thé plaît et de nombreuses vertues lui sont attribuées. 

De nombreuses études accordent un important effet anti-tumoral au thé vert, mais qu’en est-il exactement? 

Le développement tumoral est une prolifération cellulaire non contrôlée. Ce processus résulte d’un grand ensemble de phénomènes qui impliquent de nombreux d’acteurs: le stress oxydatif, l’echappée à la réponse apoptotique, l’angiogenèse tumorale, le déséquilibre immunitaire, un potentiel de division cellulaire accrue, des inflammations chroniques, le désordre hormonale etc... 

De nombreuses recherches actuelles s’intéressent aux dérivés du thé vert identifiés comme protecteurs face au développement oncologique. Ces dérivés s’appellent les catéchines et sont des polyphénols. Les catéchines, notamment l’épigallocatéchine-3-gallate, ont des propriétés très intéressantes.

L’équipe de  Hao X. et al a cherché à mesurer l’action de l’épigallocatéchine-3-gallate (EGCG) sur des rats atteints de tumeurs colorectales. Les résultats sont concluants: l’incidence et la taille des tumeurs ont significativement diminué chez le groupe recevant l’EGCG par rapport au groupe contrôle. De plus il a été décrit chez le groupe recevant des EGCG une réponse apoptotique accrue, de même qu’une réduction du taux sanguin d’eicosanoïde pro inflammatoire.

L’équipe de Rashidi et al. a quant à elle  démontré la capacité de l’EGCG à réguler l’angiogenèse par le biais de miRNAs. De cette manière le thé vert joue un rôle anti-tumorale par quatre  principaux mécanismes: son effet pro apoptotique, anti oxydant, anti inflammatoire et immunomodulateur. 

Dans la perspective d’un usage en pratique du thé vert, l’équipe de Jacob et al. a étudié son utilisation en prévention et en thérapie dans le cadre du cancer de la prostate par une revue systématique. Les résultats sont convaincants : on observe un effet préventif positif sur des populations d’origines différentes à l’aide d’indicateurs tel que la prolifération atypique d’acini sans qu’un taux de PSA plus faible ne soit décelé. L’incidence du développement du cancer est plus faible chez le groupe consommateur de thé vert par rapport au groupe témoin. Il existe cependant moins d’étude concernant l’utilisation thérapeutique mais la encore des données positives sont décrites.

Le thé vert et ses catéchines, un remède miracle ? 

Mais attention. Si toutes ces études paraissent prometteuses et semblent faire du thé vert et ses catéchines un remède miracle contre le cancer, les auteurs nous mettent en garde. Une interprétation précipitée peut amener à négliger les conditions de l’étude.

Quelle est la taille de l’échantillon ? A quel stade du développement de la maladie les patients ont ils été inclus dans l’étude? La prise de thé vert est elle uniforme dans chaque étude : quelle dose, quelle forme ?  Combien de temps ont duré chaques études ? A ces problèmes d’analyse de résultat s’ajoute la gestion des potentiels effets secondaires du thé vert. On s’imagine volontiers l’utilisation de plantes médicinales comme moins à même d’engendrer des effets indésirables, ce qui n’est pourtant pas toujours vrai. Ainsi, le thé vert à haute dose diminue la biodisponibilité du fer, il peut entraîner des troubles neurotoxiques à cause de sa haute teneur en aluminium. Enfin, il faut se méfier du pouvoir de la caféine sur le rythme cardiaque, surtout chez des patients souffrant de maladies cardiovasculaires.

Si le rôle anti tumoral des catéchines se révèle indéniable et s’explique par leurs effets antioxydants, anti-angiogéniques, anti-inflammatoires et immunomodulateurs, leur véritable potentiel curatif soulève encore un certain nombre d’interrogations. Peut on soigner uniquement grâce au thé vert ? Son implication dans le processus du développement tumoral reste difficile à comprendre avec précision.  

Sources :

Jacob SA,  Khan TM, Lee LH et al.: The effect of green tea consumption on Prostate cancer risk and progression: a systematic review. Nutr Cancer. 2017 Apr; 69 :353-364. doi: 10.1080/01635581.2017.1285037. Epub 2017 Feb 17

Hao X, Xiao H, Ju J, Lee MJ, Lambert JD, Yang CS et al.: Green tea polyphenols inhibit colorectal tumorigenesis in azoxymethane-treated F344 rats. Nutr Cancer. 2017 Mar; 21:1-9. doi: 10.1080/01635581.2017.1295088

Rashidi , Malekzadeh , Goodarzi , Masoudifar , Mirzaei et al.: Green tea and its anti-angiogenesis effects. Biomed Pharmacother. 2017 Mar 8;89:949-956. doi: 10.1016/j.biopha.2017.01.161
 

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