Le Dr. Kron propose la réforme des études de médecine (1/5)

Dans sa précédente contribution, le Docteur Bernard KRON avait annoncé vouloir proposer 5 axes d’attaque aux candidats aux primaires pour sauver notre système de soins. Il présente ici le premier :  la réforme des études médicales. Docteur Bernard KRON Membre de l’Académie Nationale de Chirurgie Je commencerai donc par développer mes proposition

Dans sa précédente contribution, le Docteur Bernard KRON avait annoncé vouloir proposer 5 axes d’attaque aux candidats aux primaires pour sauver notre système de soins. Il présente ici le premier :  la réforme des études médicales.

Docteur Bernard KRON
Membre de l’Académie Nationale de Chirurgie

Je commencerai donc par développer mes propositions pour la réforme des études médicales. Il faut respecter quatre critères :

1) Éviter le gâchis actuel de la première année
2) Densifier le 2ème cycle pour raccourcir l’internat de médecine générale.
3) Identifier précocement les étudiants qui seraient tentés par la médecine générale
4) Rétablir l’élitisme pour la chirurgie

Ces réformes permettraient de donner un accès a une médecine de qualité pour les moins favorisés tout en revalorisant l’exercice des médecins !

L’entrée en Faculté est libre mais elle est suivie d’une hyper sélection qui élimine de futurs bons médecins. A l’inverse l’ECN de fin d’étude reçoit tout le monde et reste ouvert à toute l’Europe. C’est Ubuesque. Les études médicales n’ont pas été réellement réformées depuis la suppression des concours de l’Externat en 1968 et de l’Internat en 2002. Le mérite n’est plus récompensé, cela décourage l’élitisme et oriente les étudiants vers les carrières médicales les moins contraignantes ou les plus rémunératrices.

La PACES : C’est la première Année Commune aux Études de Santé. L’accès en faculté reste libre avec près de 60 000 étudiants inscrits en première année. Le numerus clausus impose ensuite une sélection draconienne, tout en ayant porté à 7 500 le nombre de places en seconde année. Cette sélection qui ne fait pas appel au raisonnement, élimine les plus hauts quotients intellectuels, comme le montre une étude rigoureuse du ministère des universités menée chez les recalés. C’est un gâchis avec 12 à 17% de reçus selon les facultés.

L’augmentation du numerus clausus est dérisoire si on la compare à l’inversion monumentale de la sexe-ratio des étudiants de première année. La très grande majorité de nos futurs lauréats seront de sexe féminin. Nos consœurs sont certes tout aussi compétentes que leurs homologues masculins, mais beaucoup moins enclines à s’installer en libéral. Le salariat qui en est le corollaire, diminuera le temps consacré aux soins.

Par ailleurs, l’absentéisme lors des stages hospitaliers, dans le but de mieux préparer l’Examen National Classant (ENC) détourne l’étudiant d’une réelle formation clinique. Conséquence directe du numerus clausus : plus de 20 000 étudiants français sont partis ces dernières années faire leurs études à l’étranger : Belgique, Bulgarie, Roumanie et plus récemment en Espagne, cette dernière ayant instauré un système de formation continue sans examen sélectif.

La question est de savoir combien reviendront s’installer en France dans une profession martyrisée et exsangue. La réforme de la PACES est actée, commencée en 2011 elle devra évoluer rapidement pour répondre à ces contradictions.

Un étudiant en médecine revient à plus de 20 000 euros chaque année. L’entrée en faculté de médecine devrait être limitée tout en séparant d’emblée le médical et le paramédical, mais l’égalitarisme et le droit à l’accès libre en faculté ne le permettent pas. La diminution du nombre d’étudiants en première année pourrait générer de substantielles économies et même permettre de fermer certaines facultés. Cela permettrait de dégager des budgets pour améliorer la formation en cinquième et sixième année. La création d’un super Externat correctement rémunéré permettrait de mieux préparer les futurs spécialistes.

L’ECN : la sélection a été faite au début des études médicales sur des critères qui ne permettent bien évidemment pas de savoir si elle donnera de bons praticiens. Elle n’existe plus ensuite, il suffit d’être patient, même en « séchant » certains stages.

Paradoxe, l’examen final national n’est que classant (ECN). Il offre plus de places qu’il n’y a de candidats puisque 600 postes de médecine générale ne sont pas pourvus depuis plusieurs années. Une mauvaise note n’empêche pas d’être interne : une insulte au bon sens. Nombre d’étudiants préfèrent redoubler une année plutôt que de choisir une spécialité ou une ville de faculté qui ne leur conviendrait pas. La réforme prévoit d’obliger l’étudiant à commencer son cursus en ayant le droit de repasser l’ECN l’année suivante pour un meilleur choix.

La réforme du 3ème cycle: Elle vient d’acter la fin du Clinicat, c’est une erreur. Quels sont les trois objectifs de la réforme en cours?

1. L’efficacité de la formation : à la fin de son cursus l’étudiant doit avoir un diplôme d’étude spécialisé qui correspond au métier qu’il exercera.

2. La mise en place de quotas pour les filières hyper spécialisées : elle est proposée afin de faire correspondre le nombre de spécialistes aux besoins.

3. Les diplômes délivrés par l’état français : ils doivent correspondre aux disciplines reconnues sur le plan européen. Ce n’est pas actuellement le cas pour la spécialité de chirurgie générale qui a été supprimée.

La spécialité de médecine générale avec un Internat obligatoire a allongé la durée de formation. Devenus spécialistes, ses étudiants devront faire un post-Internat pour avoir droit d’accès au secteur II.

Le post-Internat : il a commencé sa mue dès 2011 de mauvaises décisions ont été prises! La fin du clinicat est actée pour des raisons fallacieuses et financières!* On ne pourra pas former des Chirurgiens de qualité en 6 ou 7 ans avec des semaines de 45 heures! Comment assurer les urgences sans chirurgien”polyvalent”? Il faudra d’une façon ou d’une autre être réactionnaire pour retrouver l’élitisme qui a fait la grandeur de la médecine Française !

*Je développe cela avec la réforme des spécialités( DES) dans mon livre “Chirurgie chronique d’une mort programmée” publié aux éditions L’Harmattan.

Texte : bk
Photo : Anna Jurkovska / Shutterstock

Kron
Le Dr. Bernard Kron est un ancien chirurgien de l’Assistance Publique de Paris, membre de l’Académie nationale de chirurgie, qui a opéré plus de 25 000 patients,  au cours de sa carrière. Aujourd’hui, il se base sur son expérience pour poser un regard critique sur la situation actuelle de la santé en France. Il est par ailleurs, vice Président de l’association AAIHP (Internat de Paris) et membre d’honneur de l’Union Française pur une Médecine Libre (UFML). Il le dit lui même, s’il se bat à l’heure actuelle, ce n’est pas pour lui, mais pour les générations futures. Lien Facebook.
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