La coupe menstruelle : la protection hygiénique du futur ?

Cette protection hygiénique féminine est une révolution écologique qui nous vient des Etats-Unis. Dans les années 30, des prototypes de « réceptacles vaginaux » avaient été élaborés, mais les femmes étaient encore réticentes à l’idée de les utiliser. Cinquante ans plus tard, des coupes en caoutchouc ont fait leur entrée sur le marché, mais

Cette protection hygiénique féminine est une révolution écologique qui nous vient des Etats-Unis. Dans les années 30, des prototypes de « réceptacles vaginaux » avaient été élaborés, mais les femmes étaient encore réticentes à l’idée de les utiliser. Cinquante ans plus tard, des coupes en caoutchouc ont fait leur entrée sur le marché, mais le latex contenu pouvait provoquer des allergies. Les coupes actuelles sont pour la plupart en silicone.

Ces derniers temps, les ventes de coupes menstruelles décollent mais il est très difficile d’avoir un avis médical unanime et officiel sur cet objet. Les positions des gynécologues divergent sur la sûreté de son utilisation et certains ne le connaissent pas (encore).

Pour utiliser ces coupes, il suffit de les plier et de les insérer dans le vagin, dans lequel elles s’ouvrent ensuite. Leur avantage majeur est d’être réutilisables. En effet, il faut vider et rincer la coupe deux à trois fois par jour pendant les menstruations : un rinçage avec de l’eau et du savon naturel suffit. Il faut aussi penser à se laver les mains pour chaque manipulation. A la fin des menstruations, un lavage à l’eau bouillante ou une stérilisation sont recommandés pour une réutilisation le cycle suivant. Leur durée de vie, si elles sont utilisées et conservées dans de bonnes conditions, peut aller jusqu’à 10 ans. Le coût d’une coupe oscille entre 15€ et 30€, alors qu’une boîte de tampons ou de serviettes hygiéniques coûte entre 4€ et 8€. Elles sont donc écologiques et économiques. De plus, contrairement aux serviettes hygiéniques et aux tampons, ces coupes ne retiennent pas l’humidité vaginale. Le développement de mycoses et de sécheresse vaginale semble par conséquent plus rare. Les odeurs désagréables liées à l’oxydation du sang sur les tampons ou les serviettes sont évitées car le sang contenu dans la coupe n’est pas en contact avec l’air extérieur.

La contenance d’une coupe va de 15 à 30mL, ce qui dépasse celle d’un tampon : certaines femmes trouvent leurs règles moins longues du fait de cette évacuation plus efficace du sang. Pour les femmes qui ont des règles abondantes, les coupes peuvent être le meilleur type de protection du fait de leur grande contenance et de la longue durée d’utilisation en continu. Pour un plus grand bien-être féminin, il existe de nombreux modèles de coupes de différentes tailles, de différentes rigidités… etc. Ainsi certaines sont mieux adaptées aux jeunes femmes alors que d’autres s’adressent à un public plus âgé, des modèles sont aussi disponibles pour les femmes nullipares et multipares. Par ailleurs, les coupes peuvent rester en place jusqu’à 12h contrairement aux tampon, dont l’utilisation est limitée à 8h.

Ces coupes ont déjà prouvé leur utilité médicale. Dans les cas de ménorragies ou d’hypoménorrhée, il est possible de déterminer exactement le volume de sang perdu grâce aux graduations présentes sur certaines coupes. De même lorsque l’on veut mesurer les quantités de médicaments administrés lors de ménorragies.

Le risque de syndrome du choc toxique staphylococcique est très souvent associé au port de tampons vaginaux. Ce syndrome est marqué par une fièvre élevée (au-delà de 39°), une éruption érythémateuse généralisée et une atteinte multi-systémique dûe aux toxines de la bactérie. Qu’en est-il de la coupe menstruelle vis-à-vis de ce syndrome ? Les marques vendant des coupes se protègent en donnant des recommandations strictes d’utilisation pour éviter ce choc, mais le risque est-il significatif ? Sur certains sites on peut lire que l’utilisation d’une coupe permet d’éviter ce syndrome, mais aucune référence scientifique le prouvant n’y est mentionnée… Il existe en effet peu d’études comparatives sur les protections menstruelles féminines: une réalisée au Canada en 2011 mentionne que 91% des femmes ayant eu recours aux coupes souhaitent continuer et les recommandent à leur entourage. Il en ressort aussi que les débuts avec la coupe sont difficiles mais que le confort apporté augmente rapidement après la période d’adaptation et d’apprentissage pratique.

Les coupes ont des inconvénients : elles sont difficiles à trouver dans le commerce, pour le moment les ventes s’effectuent principalement sur internet. Une certaine dextérité est requise pour les extraire « proprement » et leur nettoyage peut également s’avérer compliqué dans des toilettes publiques. Elles restent une protection à usage interne que certaines femmes ne tolèrent pas bien. À noter : il existe des contre-indications à l’utilisation de ces coupes : les saignements post-nataux, les antécédents de choc toxique, les infections vaginales.

Dans un rapport de mai 2013, l’ANSM fait part de mesures de matériovigilance envers les coupes menstruelles et des éventuelles interactions avec des stérilets en cuivre. Plusieurs cas d’expulsion de ces dispositifs contraceptifs intra-utérins ont été rapportés chez des utilisatrices de coupes. Le lien n’est pas clairement établi, mais il y aurait peut-être un effet « ventouse » provoqué par le retrait de la coupe qui attirerait le stérilet vers le vagin. La Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a donc été informée de ces incidents. Les organisations professionnelles de gynécologues et sages-femmes sont aussi tenues d’informer l’ANSM, car le risque est de rendre inefficace la contraception et donc de donner lieu à des grossesses non désirées, mais aussi de déplacer le stérilet et faire saigner l’utilisatrice. Mais les utilisatrices de coupes restant rares, peu d’événements ont été rapportés. C’est pourquoi l’ANSM rappelle qu’il ne s’agit pas de produits de santé mais de consommation courante pouvant générer un risque d’allergie et d’infection.

Pour le moment il est donc quasiment impossible de trouver des recommandations d’utilisation officielles pour les coupes menstruelles. Les gynécologues ne se sont pas prononcés unanimement sur cette protection hygiénique pourtant ancienne mais restée longtemps dans l’oubli. Les utilisatrices et futures utilisatrices se renseignent donc sur des forums grâce aux témoignages et aux conseils d’autres femmes. Elles ont presque toutes demandé l’avis de leur gynécologue avant d’adopter la « cup » mais chaque praticien a ses réponses propres et il arrive même que ce soit une découverte. Il serait peut-être temps de mener une étude sérieuse pour comparer chaque protection hygiénique car si la coupe menstruelle ne présente pas de danger particulier, elle offre de nombreux avantages qui pourraient faire disparaître les très polluants tampons et serviettes.

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