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5 questions à la présidente de la Société Française de Cardiologie

Professeur au CHU de Brest, Martine Gilard est la 3ème femme à accéder à la présidence de la société française de cardiologie. Elle succède au professeur Jean-Yves Le Heuzey. Nous avons eu le plaisir de l’interviewer pour en savoir plus sur les ambitions de la Société Française de Cardiologie pour l’année à venir.


Quels sont les grands travaux de la société française de Cardiologie en 2018 ?

Nous avons 3 missions : la recherche, l’éducation et l’amélioration de la prise en charge des patients.

Tout d’abord, nous allons concentrer nos efforts sur la data. Il y a en effet un grand nombre de bases de données, notamment celles de la Sécurité sociale, qui sont aujourd’hui sous-exploitées. Nous souhaitons les exploiter, avec beaucoup de protection bien sûr, pour mieux comprendre et améliorer le parcours de soin du patient.

Sur la recherche plus précisément, nous allons organiser cet automne, une grande journée de réflexion sur l’état actuel de la recherche en cardiologie en France, avec des praticiens de tout âge dans l’objectif de rendre la recherche plus pertinente.

Concernant l’éducation, nous sommes tout à fait conscients qu’elle a profondément évolué ces dernières années. Internet permet aujourd’hui de s’informer de manière immédiate et rapide. C’est une avancée positive pour la formation des médecins, mais il est nécessaire que cette dernière soit transversale. La Société française de Cardiologie va donc faire intervenir des experts sur le sujet, pour rendre l’enseignement des jeunes praticiens plus performant.

Enfin, je souhaite augmenter la présence de la France au niveau européen. En effet, dans les dernières directives européennes, la France est quasiment absente, ce qui est tout à fait dommage, car beaucoup d’innovations en cardiologie proviennent de notre pays. Je vais donc, au cours de cette présidence, mettre l’accent sur une plus forte synergie européenne des acteurs de la cardiologie.

Ecoutez…

"Je veux renforcer la présence de la France au niveau européen".

Vous avez beaucoup évoqué la formation : existe-t-il une autre valeur ajoutée de la société française de Cardiologie pour les cardiologues français ?

Bien sûr. Comme vous le savez, la modalité de formation des cardiologues évolue depuis quelques années et plusieurs pistes sont étudiées pour renforcer la formation continue, par exemple l’e-learning.

Quelles sont les relations des cardiologues avec les autres spécialités françaises ? Est-ce qu’il y a des synergies avec d’autres spécialités ?

En effet, il a toujours eu une grande transversalité avec les autres spécialités, et il est impératif que cela continue ! Le patient est un élément global et nous mettons énormément l’accent sur cela dans nos formations.

Nous développons donc de grands partenariats de formation avec d’autres spécialités. La radiologie par exemple, avec laquelle nous sommes très proches, du fait des multiples examens complémentaires pour les patients, mais aussi l’endocrino-diabétologie ou encore la neurologie.

Ecoutez…

"Il y a eu des problèmes de transversalité entre la cardiologie et les autres spécialités, mais ces temps sont derrière nous"

Le grand sujet du Congrès européen de cardiologie (l’ESC), cette année, ce sont les maladies des valves cardiaques. Avez-vous plus d’informations sur les points qui vont être abordés lors du congrès ?

Malheureusement non. C’est pourquoi il faut renforcer la présence de la France au niveau européen ! Nous avons bien sûr des médecins au niveau du comité scientifique de l’ESC, mais il y a un vrai besoin de plus de communication entre les acteurs de la cardiologie européenne. En 2019, ce congrès se tiendra à Paris, ce sera sûrement l’occasion pour nous d’être plus impliqués.

Enfin, notre système de santé est en pleine mutation pour lutter notamment contre les déserts médicaux, est-ce que les mesures qui sont prises changent ou vont changer quelque chose pour les cardiologues français à moyen terme ?

Il y a en effet une grande angoisse du côté des cardiologues français. L’âge moyen des cardiologues dans notre pays est de 55 ans ; ce qui veut dire que dans quelques années, nous allons avoir une pénurie de cardiologues.

Actuellement, 170 internes seulement sont formés chaque année, contre 220 il y a quelques années… Or, il ne faut pas oublier qu’en France, nous avons réussi à faire baisser le taux de décès suite à un infarctus de manière impressionnante (il est inférieur à 4 %, ce qui est largement inférieur à la moyenne européenne) !

Avec une baisse du nombre de cardiologues, on se dirige donc vers un gros problème de santé publique : plus de délais, un mauvais suivi des patients et probablement une augmentation de la mortalité.

C’est pourquoi nous avons fait entendre notre voix en rencontrant les autorités compétentes et nous continuerons cette lutte, car c’est un sujet important pour la santé publique française.

Ecoutez…

"Il y a une grande angoisse chez les cardiologues français"