Internes en grève : leurs revendications

Les internes, ces médecins au statut d’étudiant dérogatoire qui n’ont pas encore le titre de « docteurs », mais qui passent tout de même en moyenne 60h par semaine à l’hôpital (jusqu’à 90h pour les internes en chirurgie), attachés au soin des patients, mènent de front gardes

Les internes, ces médecins au statut d’étudiant dérogatoire qui n’ont pas encore le titre de « docteurs », mais qui passent tout de même en moyenne 60h par semaine à l’hôpital (jusqu’à 90h pour les internes en chirurgie), attachés au soin des patients, mènent de front gardes et formation théorique. Ce sont ces jeunes personnes travaillant “d’arrache-pied” au quotidien, dévoués au service de l’humain, alors pourquoi cette période de grève ?

Il y a un peu plus d’un mois a été déposé un préavis de grève de 24h par le syndicat majoritaire des médecins généralistes et spécialistes : l’ISNI (InterSyndicat National des Internes). Ce dernier a abouti à une grève nationale des internes le 17 novembre dernier. Ce mouvement de protestation avait débuté cet été avec une pétition signée par plus de 5000 internes (sur les 19000 environ), et cette journée du 17 novembre était surtout « symbolique », « ayant pour vocation d’acter le début de la mobilisation des internes avec des actions très variables d’une ville à l’autre » nous déclare Mélanie Marquet, porte parole de l’INSI , tandis qu’elle ajoute : « Les internes réfléchissent désormais à une grande manifestation nationale ».

Tout a débuté en mars, lors d’un avis de la Commission Européenne relevant le « non-respect par la France de plusieurs droits fondamentaux dans l’organisation du temps de travail des internes ». Ces derniers devraient en effet bénéficier d’une limitation de leur temps de travail à 48h par semaine.

Jusqu’alors, le temps de travail des internes à l’hôpital était officiellement divisé en 11 demi-journée :
– 9 pour des activités pratiques au sein de l’hôpital
– 2 pour des formations théoriques.

Afin de répondre à cet avis de la Commission Européenne, Marisol Touraine, actuelle Ministre des Affaires Sociales et de la Santé, a proposé de supprimer une demi-journée de travail au sein de l’hôpital. Les internes ne souhaitent néanmoins pas sa suppression définitive, craignant de voir diminuer la qualité de leur formation. Ils revendiquent cependant une semaine de 10 demi-journées qui s’étende du lundi au vendredi, et souhaitent que le samedi matin soit placée une demi-journée de « travail universitaire », pour que les gardes du week-end soient mieux rémunérées.

Un interne en gastro-entérologie et président de l’Association des internes des hôpitaux de Dijon (AIHD) souligne que pour eux, passionnés, il ne s’agit « pas de travailler moins » mais de pouvoir « améliorer la répartition du temps de travail ».

De plus, les internes réclament que soit respecté leur « repos de sécurité », soit une pause d’une durée de 11 heures après une garde. Cela serait certes dans leur intérêt, mais aussi et surtout dans celui de leurs patients, car, d’après le journal Le Monde, 22% des internes déclarent un non-respect de ce repos de sécurité (et jusqu’à 71% en chirurgie !). Ce qui provoque une fatigue et de l’inattention car « 15 % des internes déclarent avoir commis des erreurs médicales de prescription, de diagnostic ou d’acte opératoire en lendemain de garde » et que « plus de 39 % estiment qu’ils en ont probablement réalisé sans l’affirmer avec certitude » selon l’étude de l’intersyndicale.

Toutefois, l’ISNAR-IMG (InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes en Médecine Générale) se positionne en faveur des propositions du Gouvernement, en attendant « impatiemment » la mise en œuvre d’une future réforme.

Et vous, qu’en pensez-vous? Ce mécontentement vous semble-t-il justifié ?

 

Photo © Cyrille

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