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Toutes ces choses qui détruisent peu à peu le système de santé français, par B.KRON

Étouffée par des normes de plus en plus nombreuses et des réformes critiquées, la santé française se détériore peu à peu. Bernard Kron revient sur ces bâtons dans les rouages du système de santé français.

Étouffée par des normes de plus en plus nombreuses et des réformes critiquées, la santé française se détériore peu à peu. Bernard Kron revient sur ces bâtons dans les rouages du système de santé français.

Les normes


La France « pays du système D » est devenu le pays des normes.  Dans les domaines de la santé, de l’écologie et de la sécurité, on n’en compte pas moins de 200 000. Comme d’habitude, avant chaque élection, les candidats promettent d’en réduire le nombre. Elles sont la cause de nombreux surcoûts  et découragent les vieux médecins qui déplaquent !

Par exemple, l’adaptation des établissements et des cabinets médicaux aux handicapés, décidée par la loi handicap de 2005, représente une charge monstrueuse pour les collectivités locales et les médecins. Ces normes ont un coût non négligeable qui pèse sur les petits cabinets médicaux : ceux-ci sont incapables de financer les adaptations exigées par ces nouvelles lois. Le coût estimé peut dépasser 50 000 euros pour chacun. La conséquence perverse en sera la disparition de nombreux cabinets médicaux de ville.

De même, le double badigeonnage des sites opératoires exigé pour lutter contre les infections est désormais normé. Il coûte chaque année 80 millions d’euros, mais le taux d’infections n’a pas diminué pour autant.

À force de vouloir à prix d’or tout légiférer et contrôler dans le moindre détail, notre pays se paralyse. Le journal officiel ne recèle pas loin de 400 000 de ces contraintes, à raison de 1500 nouvelles chaque année.

Médicament et gaspillage

Quant aux médicaments, « c’est Ubu Roi » : on veut faire des économies en augmentant la prescription des génériques ou en les vendant à l’unité, mais à côté c’est la gabegie.

Ainsi, le CHU de Rennes détruit-il chaque année 30.000 euros de médicaments. Ils ont été commandés en trop grosse quantité ou bien sont  arrivés en date limite de péremption. L’hôpital  ne peut même pas en faire don à un organisme caritatif non gouvernemental, car seuls les laboratoires pharmaceutiques sont en droit de le faire.

De plus avec la vente des médicaments sur internet les trafics se développent : Contre façons, faux médicaments insuffisamment dosés voir toxiques deviennent l’objet de tous les trafics.

Le ROSP : 7 000 euros par généraliste en 2016

Rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP) versée ces à  91 000 médecins libéraux au titre de 2016. La prime moyenne des seuls généralistes atteint 6 983 euros. La CNAM dresse un bilan positif de ce système, mais a programmé sa mue dans la nouvelle convention. Points noirs : la vaccination et certains dépistages.

L’acte « service et complications éventuelles compris : »

Le principe est le suivant : au lieu de payer successivement chaque séquence de soins, le principe sera de rémunérer d’un coup l’ensemble des acteurs hospitaliers et libéraux impliqués en pré et post-hospitalisation (séjour, consultations externes, honoraires médicaux, soins infirmiers, kinésithérapie, fabricants de dispositifs médicaux, etc.) avec un forfait global unique et commun, incluant reprises et complications.

En pratique, la Sécu paierait plus cher l’intervention au départ (forfait ajusté au risque constaté), mais les complications éventuelles ne pourraient plus donner lieu à une tarification supplémentaire.

Ce sera demain la sélection des moindres risques, les personnes trop âgées ne seront plus soignées !

Les énarques n’ont pas fini de nous étonner ! Telle est la triste réalité.

La soi-disant gratuité des études médicales

L’état ne paie pas plus les études des médecins que celle des autres professions la formation d’un médecin a un bien meilleur rapport qualité-prix que celle d’un énarque.

Les médecins remboursent leurs études en assurant le fonctionnement hospitalier, pour des salaires symboliques inférieurs au SMIC et horaires à rallonge

Les médecins sont déjà allés travailler plusieurs années en périphérie au cours de leur cursus pour assurer la survie des centres-hôpitaux périphériques

Les médecins mettent 10 ans à s’installer et < 9 % d’entre eux s’installent en médecine générale libérale au sortir de la faculté.

Les médecins choisissent leur spécialité comme on choisit sa vie et aucune contrainte ne peut l’empêcher !

Les déserts médicaux n’existaient pas ou peu avant le plan Juppé et la création de l’ONDAM qui a lié les tarifs des médecins à l’état économique du pays et donc aux conséquences des politiques économiques.

Les déserts médicaux sont la conséquence de l’incapacité des politiques à gérer le pays ce ne sont pas les médecins qui ont « déserté » le territoire, fermé les services publics, multipliés les faillites, les disparitions de commerces et d’artisanat.

Ce ne sont pas les médecins qui ont provoqué les départs d’une ruralité devenue sans avenir vers la ville.

Ce ne sont pas les médecins qui ont laissé se développer la spéculation immobilière stérilisant des quartiers entiers de toute nouvelle installation

Ce sont les politiques qui ont décidé de ne plus augmenter les tarifs des médecins.

Ce sont les politiques qui ont baissé le numerus clausus. C’est un jeu pervers : tarifs bloqués, moins de médecins, plus d’actes=déficits.

Ce sont les politiques qui ont laissé s’épuiser une profession dont les taux de burn-out dépassent toutes les statistiques et dont les taux de suicide rejoignent ceux des agriculteurs et des forces de l’ordre...

Ce sont les politiques de droite, de gauche et du centre qui ont année après année, décidé de la politique sanitaire du pays, et ont échoué

L’obligation d’installation proposée par nombre d’élus sonne dès lors comme la conséquence de cette incurie.

Bref, les déserts médicaux ne sont pas près de disparaître.


Retrouvez le docteur Kron dans son livre « Chirurgie chronique d’une mort programmée », aux Éditions L’Harmattan.