Confinement bref : une «pause préventive» qui intéresse l'Allemagne

Confiner mieux pour confiner peu. Une étude britannique montre les effets positifs d'un confinement bref. Cette «pause préventive» est efficace pour peu qu'elle soit mise en oeuvre sans délai et accompagnée d'autres mesures. Le préjudice moindre peut garantir l'adhésion de la population. Des arguments qui font mouche en Allemagne.

En Allemagne, la chancelière Angela Merkel veut éviter un confinement national. «Nous ne pouvons pas nous permettre une deuxième vague, même économiquement» a-t-elle déclaré après avoir rencontré les premiers ministres des Länder allemands la semaine dernière. Pour le virologue allemand réputé Christian Drosten, des confinements courts et temporaires en guise de «coupe-circuits» permettraient de ralentir la propagation du virus tout en limitant les conséquences économiques.

Cette mesure est encore en discussion en Allemagne et en Angleterre, mais le Pays de Galles l'a déjà adoptée : dès vendredi les trois millions d’habitants de cette province britannique seront confinés pendant deux semaines. Cette durée est la plus courte possible pour que la mesure soit efficace. Christian Drosten a suggéré sur Twitter qu’un tel confinement soit mis en place pendant les vacances d'automne et de Noël, afin d’en limiter les effets économiques. Le virologue s’appuie sur une étude britannique qui décrit les effets positifs de tels confinements de courte durée.


Le confinement bref : une pause salutaire mais pas suffisante

Les auteurs de cette étude publiée le 14 octobre (en attente de reviewing) mettent en avant l’efficacité de confinements brefs, qui auraient un rôle de «pauses préventives». L’objectif est qu’en ramenant le nombre de nouvelles infections à un niveau suffisamment bas, les autres mesures – dépistage et isolement – puissent être plus efficaces. Un confinement bref serait d’autant plus accepté par la population qu’il serait annoncé comme tel et perturberait dans une moindre mesure l’activité économique et l’enseignement.

Dans cette étude, les chercheurs ont analysé la situation au Royaume-Uni. Durant l’été, certaines zones géographiques (Leicester) ont connu une augmentation des cas, alors que l’épidémie déclinait ailleurs. Depuis la mi-août, certains indicateurs montraient un taux de croissance de l’épidémie positif au niveau national. Celui-ci est exponentiel depuis fin septembre.      

Pour les chercheurs, les pauses préventives sont particulièrement efficaces - en termes de réduction des nouveaux cas, des hospitalisations et des décès – si elles sont mises en place lorsque le taux de croissance de l’épidémie est modéré (temps de doublement du nombre de cas de plus de 10 jours). Il s’agit en fait de revenir à une valeur antérieure, de «gagner du temps» pour accroître l’efficacité des autres mesures.

L’étude montre qu’un confinement bref ne doit donc pas être différé. Il n’est pas une solution en soi et n’a d’intérêt que s’il est accompagné d’une augmentation du niveau moyen de distanciation sociale dans toute la population et sur tout le territoire. Enfin, une telle mesure doit être planifiée afin d’en minimiser les préjudices, donc garantir l’adhésion de la population.


Confiner mieux pour confiner peu

En Allemagne, le député SPD et médecin Karl Lauterbach approuve cette mesure : «L'étude présente également un intérêt pour l'Allemagne, car des arrêts courts systématiques pourraient réussir à interrompre une croissance exponentielle [de la pandémie] tout en minimisant les coûts économiques et éducatifs.»  Il estime également que l'acceptation de la mesure par la population sera facilitée par son aspect temporaire.  Pour M. Lauterbach il est urgent d’agir : «C'est assez simple. La valeur R est d'environ 1,3. Si nous ne parvenons pas à la faire baisser, le nombre de cas quotidiens augmentera si fortement en très peu de temps que les hôpitaux et les autorités sanitaires déborderont. Ensuite, il y aura des confinement locaux.»

Selon le rapport de l'Institut Robert Koch *daté du 18 octobre, la valeur R sur sept jours en Allemagne est de 1,35. Lundi 19 octobre le RKI a fait état de 4.325 nouveaux cas en Allemagne, un nombre relativement faible par rapport aux jours précédents car toutes les autorités sanitaires ne transmettent pas leurs données au RKI pendant le week-end. Le lundi précédent, le RKI ne relevait que 2.467 nouvelles infections. La forte augmentation du nombre de cas en Allemagne est évidente.


* (RKI - Institut en charge du suivi statistique de l’épidémie)


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Référence :
Precautionary breaks: planned, limited duration circuit breaks to control the prevalence of COVID-19

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