25 avril : Journée mondiale du Paludisme

Le 25 avril, est la journée mondiale du paludisme, maladie dite tropicale autrefois nommée malaria, dont tout le monde a déjà entendu parler au moins une fois, si ce n’est y a déjà été confronté. Où en est donc la situation face à cette maladie aujourd’hui ? Le paludisme d’un point de vue épidemiologique 2 Milliards de personnes vivent aujourd’h

Le 25 avril, est la journée mondiale du paludisme, maladie dite tropicale autrefois nommée malaria, dont tout le monde a déjà entendu parler au moins une fois, si ce n’est y a déjà été confronté. Où en est donc la situation face à cette maladie aujourd’hui ?

Le paludisme d’un point de vue épidemiologique

2 Milliards de personnes vivent aujourd’hui dans des zones dites « impaludées », soit en Amérique du Sud, Amérique Centrale, Afrique subsaharienne et Asie du Sud-Est. En 2014, 97 pays étaient confrontés à une transmission continue du paludisme (« zones endémiques ») On recense environ 200 millions de cas de paludisme par an et environ 600-700 000 décès par an.

En France on retrouve 4000 cas de paludisme dit « d’importation » par an, causant 10 à 20 décès par an, contractés le plus souvent en Afrique subsaharienne, par le Plasmodium falciparum.

Le paludisme d’un point de vue pathophysiologique

Le paludisme est une parasitose (protozoose) due à un hématozoaire du genre Plasmodium. Il est transmis d’Homme à Homme par la piqûre d’un moustique : l’Anophèle femelle.

On trouve 5 espèces de plasmodium qui contaminent l’espèce humaine : le P. falciparum ( le plus redoutable), le P. vivax, le P. ovale, le P. malariae et le P. knowlesi. Le Plasmodium, stocké et maturant dans les glandes salivaires de l’anophèle va, une fois transmis à l’Homme par piqûre , va se trouver dans le sang environ 10 à 15 min (phase de parasitémie), puis les plasmodiums vont se localiser dans le fois pour une première phase de maturation (« schizogonie hépatique ») qui selon les espèces dure de 6 jours à 1 mois environ (plusieurs mois plus rarement).  Cette phase est totalement asymptomatique.

Ensuite, les parasites vont effectuer leurs cycles de maturation dans les hématies (= globules rouges – « schizogonie érythrocytaire »). Ces cycles durent alors 48h, sauf pour le P. malariae (72h), et ils expliquent les phénomènes des fièvres tierce et quarte*. La fièvre apparaît en effet lorsque les parasites sortent des hématies en les « explosant » à la fin d’un cycle, engendrant la libération de substances pyrogènes et inflammatoires dans la circulation sanguine.

Le paludisme d’un point de vue symptomatologique

Le Paludisme est une maladie en théorie évitable, dont les symptômes se doivent d’être reconnus très rapidement, car ils peuvent évoluer d’une façon très défavorable et dangereuse pour le cas du P. falciparum.

Tout d’abord, toute fièvre présente dans les 3 mois au retour d’un pays d’endémie palustre doit faire rechercher un paludisme. La première poussée de fièvre étant en plateau, puis les suivantes tierces ou quartes, jusqu’à  40°C. Ensuite, les patients présentent souvent des tremblements et frissons associés à leur fièvre, ainsi que des troubles digestifs, des  céphalées et myalgies de même ordre que le syndrome grippal. On peut parfois palper une splénomégalie du fait de l’éclatement des hématies, et donc également une anémie, une augmentation de la bilirubine libre, et  une thrombopénie fréquente.

Les groupes de personnes les plus à risque face à cette atteinte parasitaire sont :

–  Les jeunes enfants, n’ayant pas encore développé une immunité relative.

–  Les femmes enceintes non ou semi-immunisées, et/ou infectées par le VIH.

–  Les personnes infectées par le VIH et autres personnes immunosupprimées.

La confirmation diagnostic s’établit par la mise en évidence du parasite par goutte épaisse-frottis sanguin.

Le paludisme d’un point de vue thérapeutique

Il existe plusieurs molécules et plusieurs combinaisons de molécules utilisées en traitement et en prophylaxie du paludisme aujourd’hui, telles que les chloriquinines (Novaquine) la méfloquine (Lariam), l’atovaquone et le proguanil (Malarone), les cyclines etc. Les traitements sont à adapter en fonction de la personne, ses antécédents et la gravité de ses symptômes. Aujourd’hui, lors d’une atteinte grave, on préfère administrer de l’artésunate en intra-véneux (IV) au lieu de la quinine IV utilisée auparavant.

Cependant, la thérapie (tout comme la prophylaxie) se heurte à un problème majeur : la résistance croissante des parasites aux molécules employées. Des zones de résistances, en particulier aux quinines on été définies pour un meilleur schéma thérapeutique. Récemment, on a noté une résistance débutante et s’étendant rapidement à l’artémisinine (dont dérive l’artésunate), qui préoccupe beaucoup l’OMS. Dans tous les cas, l’Organisation Mondiale de la Santé préconise et prend des mesures en faveur de prévention et de lutte antivectorielle (contre le vecteur de la maladie, ici l’anophèle) contre le paludisme ; les deux formes les plus efficaces étant encore l’utilisation de moustiquaires imprégnées d’insecticide et la pulvérisation d’insecticides à effet rémanent à l’intérieur des habitations.

Toutefois, il faut prêter attention à la résistance émergeante des moustiques  aux insecticides également…

* Une fièvre tierce est l’apparition de 2 pics fiévreux en 3j tandis que la fièvre quarte représente 2 pics en 4j.

 

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