La consommation de noix limiterait le risque d’AVC

L’AVC est la seconde cause de mortalité et la troisième cause d’invalidité dans le monde. Quand il n’est pas fatal, les conséquences d’un AVC peuvent être désastreuses en terme de qualité de vie. Il est ainsi très important de mettre en place des mesures de préventions efficaces. Quelques mesures préventives existent, relatives aux facteurs de r

L’AVC est la seconde cause de mortalité et la troisième cause d’invalidité dans le monde. Quand il n’est pas fatal, les conséquences d’un AVC peuvent être désastreuses en terme de qualité de vie. Il est ainsi très important de mettre en place des mesures de préventions efficaces. Quelques mesures préventives existent, relatives aux facteurs de risque connus (cigarette, alcool, hypertension, diabète de type 2). Un nouvel intérêt se porte sur des facteurs diététiques, notamment la consommation de noix dont l’effet préventif sur les maladies cardiovasculaires, le diabète de type 2 et certains cancer est établi.

Contexte
Plusieurs études de cohorte ont été menées au regard d’une association entre consommation de noix et risque d’AVC, révélant des résultats contradictoires.

Étude et méthodes
Les quelques méta-analyses réalisées ne permettant pas d’établir une conclusion nette, une nouvelle méta-analyse a récemment été conduite, adoptant une approche dose-dépendante. Les résultats sont publiés dans le journal Scientific Reports (DOI: 10.1038/srep30394). Une recherche de la littérature en date du 14 février 2016 a permis de sélectionner 11 études regroupant 14 études de cohorte évaluant la relation entre consommation de noix et risque d’AVC, et présentant le risque relatif avec intervalles de confiance. La qualité méthodologique et qualité des données ont été évaluées par l’échelle de Newcastle-Ottawa et le système GRADE respectivement.
Les données sur la consommation de noix ont été obtenues par questionnaire de fréquence alimentaire. De nombreux facteurs confondants ont été pris en considération: âge, sexe, ethnicité, IMC, rapport taille-hanches, pression sanguine, tabac, alcool, niveau d’éducation, activité physique, historique de diabète, infarctus, cholestérol, et cancer, consommation de cholestérol, graisses saturées, viandes, multivitamines, carotenoïdes, fibre alimentaire, céréales complètes, et fruits et légumes, dépense énergétique totale, et statut ménopausal et utilisation d’hormones.

Résultats
Selon les données des 11 études analysées, le risque d’AVC apparaît amoindri par une plus forte consommation de noix en comparaison à une consommation plus faible (RR=0.88, IC95%= [0.80-0.97]). Le risque de mortalité liée à l’AVC a été évalué dans 7 des 11 études, et un effet bénéfique de la consommation de noix en ressort (RR=0.81, IC95%= [0.72-0.91]).
L’analyse par sous-catégories révèle un effet bénéfique de la consommation de noix sur le risque d’AVC dépendant du sexe (9 des 11 articles, RR=0.84, IC95%= [0.73-0.96] chez les femmes, RR=0.97 non significatif chez les hommes) et de la région géographique (RR=0.79, IC95%= [0.67-0.93] pour les 3 cohortes d’Asie, RR=0.93 et 1.0 non significatifs pour les 8 cohortes des Etats-Unis et les 3 cohortes européennes, respectivement). La catégorisation des types d’AVC (ischémique, 5 études, RR=0.95 ou hémorragique, 3 études, RR=1.09) ne met pas en évidence d’effet significatif de la consommation de noix sur le risque d’AVC. Enfin, il semble qu’un suivi de plus de 10 ans soit plus à même de révéler un tel effet (RR=0.87, IC95%= [0.77-0.97], RR=0.92 non significatif en cas de suivi de moins de 10 ans).
L’analyse en dose-réponse (7 articles) dévoile une association non linéaire entre consommation de noix et risque d’AVC. L’effet le plus bénéfique semble être obtenu pour une dose de 12 g/jour (RR=0.86, IC95%= [0.79-0.94])

Conclusions
La consommation journalière de noix fait partie intégrante des styles de vie dits sains, et est à conseiller dans la prévention de l’AVC. Cette méta-analyse révèle une association inversée au risque d’AVC, pouvant s’expliquer par la composition des noix qui leur procure des propriétés anti-inflammatoires, anti-oxydantes et anti-cancéreuses. Le bénéfice d’une consommation de noix semble être particulièrement effectif chez les femmes et dans les populations asiatiques. Des différences d’habitudes alimentaires et génétiques sont à considérer, même si le faible nombre d’études concernées peut mettre en doute ces résultats. Enfin, l’effet de différents types de noix reste peu clair. Cependant, les compositions des diverses noix laissent présager des différences d’efficacité en terme de prévention du risque d’AVC, ce qui serait intéressant d’étudier dans le futur.

Texte : esanum / jd
Photo : 54613 / Shutterstock


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